Sébastien est difficile à décrire par un ou quelques mots parce qu'il est sans exubérance. Vouloir le transpercer de qualificatifs, c'est se heurter à la méprise, à la caricature. Il semble toujours calme, toujours déterminé, jamais tricheur, jamais emporté, infatigablement bosseur et invariablement gentil.
Il semble être quelqu'un à qui aucun trait, trop vite tiré, ne sied. A qui aucun adjectif ne va mieux peut-être que celui d'équilibré.
Un équilibre qu'il puise dans sa famille toute entière, dans l'Aubrac aussi, qui au Suquet* n'a jamais été aussi près de toucher le ciel.
Il appartient à ce bout de terre haut perchée, il appartient à cette famille. Il est à sa place en ces lieux et dans cette cuisine.
Sébastien est, me semble-t-il, serein. Papa heureux et cuisinier maître de ce qu'il fait.
Il est serein là où tout autre (moi le premier), aurait soit pris la grosse tête, soit pété les plombs de la démesure, soit craqué devant le challenge. Lui, il est serein.
Ce n'est pas lui faire injure (au contraire) que de dire qu'il ressemble à Michel. Leur façon de voir les choses (pas seulement en cuisine, mais dans la vie en général) me parait si proche, presque calquée. Et si différente de ce que j'ai pu voir ailleurs dans la profession. Une ode presque monacale au terroir, à la simplicité. Un bouquet d'inclinations à la découverte et l'ailleurs. Un pied de nez aux conventions, une dédicace au bien-être.
Le monde selon Bras est un monde à part. Et à part entière. L'oeuvre d'un clan. Une &oeliguvre originale que Sébastien et Véronique continuent d'écrire avec (et non pas après) Ginette et Michel.
Cédric Lavialle
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