Découvrez l'interview de Stéphane !
Pourquoi se décider un beau jour à créer son propre blog ?
J'ai découvert les blogs en général un peu par hasard en janvier 2006, en cherchant sur Internet des infos à propos de mon quartier à Paris. Je suis tombé assez rapidement sur Chocolate & Zucchini, et j'ai commencé à lire quelques blogs de cuisine. J'ai longtemps hésité avant de créer le mien, je ne me trouvais pas de raison de le faire... Puis j'ai eu envie de participer aux événements du type IMBB, SHF ou KKVKVK (comme des « brainstormings » autour d'une recette, un ingrédient...). Et voilà, début mai, c'était fait.
Maintenant j'y participe plutôt rarement, j'ai trouvé d'autres motivations ;-)
Vous vous faites plaisir ? Cela vous a apporté quoi ?
C'est avant tout pour me faire plaisir, je pense (j'espère) que ça doit être le cas pour la plupart des blogueurs. Je n'en retire d'ailleurs rien d'autre que du plaisir... j'ai préféré ne pas mettre de publicités « à rémunération » et je suis parfois ennuyé de voir à quel point celles-ci sont populaires sur les blogs (d'autant que Canalblog nous impose déjà une bannière de publicité que je payerais volontiers pour faire disparaître...). J'avais beaucoup plus de temps au début, je publie moins maintenant mais je réfléchis plus à ce que je raconte, et j'y prends d'autant plus de plaisir. C'est un moyen de parler de ce qui m'intéresse avec d'autre passionné(e)s, même si je dis sans doute beaucoup de n'importe quoi.
Le blog m'apporte beaucoup, dans la mesure où les trucs de grand-mère comme les secrets des chefs se retrouvent assez vite sur Internet. Et puis j'ai eu un colis de Noël venant de Pennsylvanie, alors...
Le fait d'avoir un blog améliore largement ma manière de cuisiner au quotidien sans doute, et je reste au courant des actualités du monde gastronomique. J'aime aussi énormément modifier le look du blog, soigner des petits trucs, mettre des images, recevoir des questions depuis le monde entier,... C'est très surprenant mais bien sûr ça fait toujours plaisir !
Pourriez vous rattacher vos recettes à un style ou mouvement culinaire ?
Je ne suis pas sûr... Je sais que le nom du blog est « Passion Fusion », mais je ne suis pas un obsédé catégorique de la cuisine fusion. L'idée, c'est que la cuisine est toujours une fusion quelque part. Mais j'aime les alliances étranges ou inconnues, les couleurs surprenantes ou les goûts contradictoires. On m'a dit récemment que j'avais une cuisine décomplexée, j'ai trouvé ça assez juste.
Je vous avoue un truc : j'aime qu'on me dise en découvrant un plat sur la table « Mais qu'est-ce que c'est que ça, qu'est-ce que tu as encore fait ? ». Je vous rassure tout de même, je goûte sans arrêt et la plupart du temps c'est bon ;-)
C'est important de parler de cuisine aujourd'hui ?
C'est important, à mon avis, parce que la cuisine n'est pas une simple affaire de goûts, de choix d'origine et de qualité des produits (rares et chers, bio, nouveaux...) ou de présentation, car on peut trouver d'excellents traiteurs qui font tout ça pour nous, mais c'est une question de processus. Ce qui compte d'un point de vue sociologique et philantropique sans doute, c'est de faire la cuisine, en plus bien sûr de la goûter. Comme je le disais à propos des repas de fêtes de fin d'année, je préfère manger une bonne lasagne maison plutôt qu'un mauvais foie gras et une bûche industrielle.
Mais si on ne parle pas de cuisine, c'est qui qui va la faire ma lasagne? Il ne faut pas abuser pour autant, la cuisine ne doit pas devenir une mode, avec ses victimes et ses leaders... Même si évidemment moi-même je suis absorbé dans le mouvement d'une manière ou d'une autre. J'ai trouvé par exemple que le salon « Cuisinez », en octobre, était l'illustration parfaite de cette mode un peu dérangeante (100% commerce). Pas besoin d'une cuisine hyper-équipée pour prendre du plaisir. Après, il y a les magasins professionnels quand on désire s'attaquer à des choses plus pointues, c'est d'ailleurs très amusant de s'y promener.
C'est quoi votre goût en matière de cuisine ?
Je n'ai pas un goût particulier, en tout cas pas de manière permanente. C'est de plus en plus vrai, d'autant que plus je découvre des saveurs, des odeurs, des textures et leurs mariages, plus j'ai envie de trouver d'autres, d'en reprendre certaines ou d'en laisser de côté. Soit je suis jeune et mes goûts ne sont pas encore fixés, soit je suis curieux et obsessionnel, et je ne me fixerai jamais. Pour le moment, je suis biphasique : une phase chocolat et une phase « sauer » (sûr, acide, surtout au niveau des fruits).
La seule chose dont je suis à peu près sûr, c'est le vinaigre (les vinaigres) : aux dernières nouvelles, j'avais 18 sortes différentes allant du cidre au balsamique (vieux, vieux... et balsamique blanc) en passant par la lavande, le mastihashop, le cassis, le jeres, le banyuls, la coco, l'estragon, le miel, le poivre, l'eucalyptus... Soit je les infuse moi-même, soit je les achète. Le vinaigre, c'est LE produit pour lequel je ne regarde pas au prix, quoi qu'il en coûte (plutôt que « quoi qu'il en goûte... »), c'est donc LE produit pour lequel il m'arrive de faire des folies...(pauvre de moi).
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