Comme je l'explique dans l'introduction du
"Petit Livre des Soupes", il existe une différence historique, mais également une différence sociale entre la soupe et le potage. Selon certains historiens de la nourriture, le potage serait plus ancien; les récipients de cuisson - les "pots" - seraient à l'origine du mot potage. Quant au mot soupe, il aurait une étymologie germanique, venant du mot franc "sappa" signifiant "tremper".
Les deux termes ont longtemps cohabité, jusqu'aux environs du XVIIe siècle lorsqu'apparurent des écarts sociaux de plus en plus marqués. Liquide, le potage se buvait (et se boit toujours) et était privilégié par les classes sociales supérieures. Plus populaire, la soupe se mangeait. Différence gestuelle, différence sociale aussi. Cela reste d'ailleurs toujours gravé dans nos moeurs modernes : le potage est toujours considéré comme plus raffiné, plus élégant, voire plus festif qu'une robuste soupe.
Par le passé, les soupes étaient des préparations essentielles et constituaient l'ordinaire de bien des populations rurales ou urbaines. Aujourd'hui, les soupes (sous toutes leurs formes et toutes leurs appellations) restent des préparations très importantes. L'essentiel est bien entendu de tourner le dos aux préparations insipides de l'industrie agro-alimentaire, préparations tellement "trafiquées" que les ingrédients ne possèdent plus aucune de leurs qualités nutritives.
L'essentiel aussi est de privilégier les meilleurs produits, les plus frais, les plus sains et, si possible, de qualité biologique. Ces derniers sont en effet les seuls à garantir saveurs, valeurs nutritives, parfums, garanties sanitaires, équilibre nutritionnel,...
En fonction des ingrédients et des préparations choisies, les soupes peuvent apporter un maximum de plaisir gourmand, mais aussi un maximum d'éléments nutritifs aux consommateurs. En outre, l'immense majorité d'entre elles sont simples, voire même amusantes à préparer.
Le plaisir de cette préparation venant alors s'ajouter au plaisir de la dégustation.