Interview de Anne Loiret par Valérie Beck
On l'a adoré ce printemps dans la pièce Chocolat Piment. Avant de retrouver les planches le 28 août dans Puzzle, une pièce de Woody Allen, Anne Loiret répond, entre deux répétitions, à notre questionnaire gourmand.
Quelle cuisinière êtes-vous ?
Je ne suis pas une bonne cliente ! J'aime bien manger mais je suis une piètre cuisinière. En même mes enfants vous diront que non, non j'ai quelques spécialités que je fais très bien. Je les ai entendus dire ça il y a deux jours, « ne te dévalorise pas à ce point là ! »
Vos spécialités, c'est quoi ?
Les salades. Je suis la reine de la salade, c'est le seul plat pour lequel j'ai un peu d'imagination. Mais alors dès qu'il faut cuire, c'est une catastrophe, je fais tout brûler. Mais j'ai une salade de melon, champignons, petits raisons et menthe, avec une sauce à la crème et au vinaigre de framboise, pas mal en plein été. Mon lapin à la moutarde est aussi très célèbre à la maison. Et je me suis mise au foie gras parce que j'aime beaucoup ça.
Un dîner de fête ?
C'est exactement la chose qui m'angoisse. Je ne reçois pas. D'abord parce c'est très compliqué quand on est au théâtre à longueur d'année. Il y a des tas de comédiennes qui le font et j'en suis très admirative mais moi je ne sais pas faire. Je pense que je mets la barre à un niveau où personne ne me demande de la mettre. Et puis je déteste être en cuisine, je suis bavarde comme une pie, je n'aime pas ne pas être avec mes convives. Je ne suis pas une bonne maîtresse de maison !
Et un dîner en tête à tête ?
Je connais plein de très bons restaurants, c'est beaucoup mieux que fait par moi ! Sinon, ce sera acheter du foie gras, des choses froides. En face de mes convives ou de mon amoureux, je n'aime pas bouger.
Des restaurants à recommander ?
Il y a Le P'tit Fernand (7 rue Lobineau, 6e) que j'aime beaucoup ici qui est un peu ma cantine. Et je viens de découvrir un restaurant asiatique délicieux, en face de l'Orient extrême (rue Bernard Palissy).
Votre petite madeleine ?
Je viens de la campagne vendéenne, et j'adorais les abats que ma mère cuisine très bien. La tête de veau, la langue de boeuf, les rognons... Ce n'est pas très glamour, mais tant pis, je suis comme ça, je le revendique.
Un rituel gourmand avant ou après une pièce ?
Oui, la coupe de champagne, à toute heure. Mais je ne bois pas seule, c'est une règle, ça dépend donc des partenaires. J'ai d'ailleurs une petite pensée pour Jean-Pierre Cassel avec qui j'ai joué il y a dix ans Qui a peur de Virginia Woolf. On buvait une coupe de champagne avant chaque représentation. Je revois Jean-Pierre qui arrivait avec des caisses de Ruinart, une sorte de rituel qui nous mettait ensemble avant de rentrer en scène.
Puzzle, au Théâtre du Palais Royal, 38 rue Montpensier, Paris 1er.
Du mardi au vendredi 20h30, samedi 17h et 21h, dimanche 15h30.
Tél. 01 42 97 40 00. A partir du 28 août.