Avec deux mises en scène à la rentrée au théâtre de La Madeleine, l'une avec Emmanuelle Béart et Charles Berling, l'autre avec Thierry Lhermitte et Sylvie Testud, l'été de Hans Peter Cloos n'est pas de tout repos. Pour se détendre entre les répétitions, il cuisine
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Quelle est votre petite madeleine ?
Comme je suis né à Stugartt, c'est une spécialité de là-bas que ma mère cuisinait, des pâtes avec du fromage et des oignons. Un repas que je prends à chaque fois quand je suis de retour dans ma ville natale. C'est un peu la cuisine de ma jeunesse.
Cuisinez-vous ?
Oui, je commence. Comme je travaille souvent à l'étranger sans ma famille, je suis obligé de me faire la cuisine. Souvent, après les répétitions vers minuit, il n'y a que deux ou trois restaurants toujours ouverts, c'est tout, et vous n'avez pas envie de manger des mois et des mois la même chose.
Une spécialité ?
Pas vraiment. J'aime bien les choses très pures, du poisson, des légumes, des salades, de la viande sans trop de sauce ni de raffinement dans le mélange. Je suis plutôt dans la tradition de la bonne cuisine italienne ou française. Je fais aussi un peu de cuisine thaïlandaise. Là aussi, c'est le marché qui est le plus important. Un peu de citron, un peu de basilic, et c'est prêt.
La cuisine, c'est aussi une mise en scène ?
Oui, tout à fait ! Je suis en ce moment fasciné par la cuisine moléculaire de Ferran Adria, chef du restaurant El Bulli. C'est un peu comme au théâtre, vous avez des éléments, vous les changez, vous détaillez dans les molécules et vous faites revivre différemment. Un peu comme le metteur en scène avec un texte.
Parmi les comédiens que vous avez dirigé, qui cuisine le mieux ?
C'était un costumier japonais. Il était très mauvais costumier, j'ai même été obligé à la fin d'engager quelqu'un d'autre pour finir les costumes mais il faisait une cuisine divine. J'ai presque hésité après à l'engager comme cuisinier ! La nouvelle costumière, Marie Pawlotsky, cuisine aussi bien qu'elle travaille, je suis heureux.
A quoi pensez-vous en cuisinant ?
Pour moi, c'est un moment de relaxation après les répétitions vers 23h, où, avec un bon verre de vin, j'écoute de la musique, je me laisse aller et j'essaie de faire le vide dans ma tête pour me concentrer. Faire la cuisine, c'est un travail très agréable.
Vos restaurants à Paris ?
Je suis souvent au café Beaubourg ou juste en face, au Georges, au sixième étage du Centre Pompidou. Mais je n'ai pas de vraies cantines, je me balade pas mal. C'est le grand privilège ici à Paris.
Et où en est la gastronomie allemande ?
Ca bouge énormément. Ca a commencé dans les années 50/60 lorsque beaucoup de Grecs, d'Italiens et de Yougoslaves sont arrivés en Allemagne. Ils ont pris toute la gastronomie allemande entre leurs mains, dans le sens positif. Aujourd'hui, vous trouvez dans les grands villes allemandes la même qualité qu'à New York, Londres ou Paris. C'était impensable il y a encore quinze ans. A cause des nombreux cuisiners français, chinois, thaïlandais, indiens ou libanais installés ici et qui font une excellente cuisine, les Allemands sont obligés pour exister de laisser tomber le steak-frites et de revenir aux base avec des nourritures régionales de très haute qualité.
Une spécialité allemande par exemple ?
Des tranches de boeuf enroulées avec des lardons et du concombre, servies avec une sauce et des pommes de terre ou des pâtes allemandes. Sinon, il y a le pied de cochon, mais c'est très lourd.
Jean et Béatrice (21h), Biographie sans Antoinette (19h), théâtre de La Madeleine, Paris 8e, tél. 01 42 65 07 09.
Valérie Beck