A quoi tient le destin d'un enfant né en 1957 à Méral, petit village de Mayenne, de parents agriculteurs ? Un retard à un examen d'électronique, et c'est la passion de la gourmandise qui se transforme en vocation. Un rendez-vous manqué, voilà le petit coup de pouce qui a peut-être permis à Jean-Paul Hévin d'embrasser l'univers de la pâtisserie et de la chocolaterie avant d'en devenir, plus tard, l'un de ses plus grands talents.
Son CAP en poche à la sortie de l'école de pâtisserie, il trace ensuite un parcours fulgurant, semée de rencontres essentielles : Joël Robuchon, qu'il côtoie pendant sept ans dans les cuisines de l'Hôtel Nikko, à Paris, puis Lucien Peltier, « monument » de la pâtisserie, pour qui il fait l'ouverture d'une boutique à Tokyo. Cette année passée au Pays du Soleil Levant permet à ce féru de karaté de tisser ses premiers liens avec le Japon, de s'y faire des amis, de comprendre et apprécier la mentalité nippone, et envisager d'y revenir un jour...
De retour en France, en 1986, il gagne ses galons et le fameux col tricolore des meilleurs ouvriers de France, section pâtisserie-confiserie. Fort de cette consécration et d'une riche expérience, Jean-Paul Hévin se lance sans filet et sans présager de l'avenir en inaugurant sa première boutique en 1988 au 16, avenue de la Motte-Picquet, dans le 7e arrondissement de Paris... Première pierre d'un « édifice » qui, on le sait maintenant, ne tardera pas à grandir et tutoyer les sommets.
Quelques prix :
- 1982 : Premier prix Coupe de France de la Pâtisserie
- 1983 : Premier prix international de la Chocolaterie
- 1986 : Meilleur Ouvrier de France (section pâtisserie-confiserie)
- Membre des Relais Dessert International
La créativité !
Une compression d'œufs pour Pâques, un sublime Stiletto en forme de talon aiguille, une magnifique cave à chocolat, la confection de robes « couture » pour le Salon du Chocolat, des créations sur-mesure... Sans renier la tradition, loin de là, Jean-Paul Hévin célèbre aussi l'avant-garde, dans le plus pur respect de la matière-chocolat.
Ses sources d'inspiration ? Ses souvenirs d'enfance à la campagne, la nature, le design, la photographie, aussi bien pour imaginer l'originalité d'accords subtils et équilibrés que pour penser leur mise en scène.
Jean-Paul Hévin ajoute de l'audace à son talent, comme le révèlent aussi ses chocolats dynamiques aux épices rapportées des quatre coins du monde, ses chocolats apéritifs au fromage (chèvre, roquefort, pont-l'évêque et époisses), ou encore ses créations et ses vitrines saisonnières (Noël, Saint-Valentin, Pâques) réalisées en fonction d'un thème. Après les années 70 en 2004-2005, 2005-2006 est placé sous le signe du baroque !
Toujours en mouvement, au service de la beauté et du rêve, Jean-Paul Hévin séduit son monde avec des arguments d'une rare finesse, aussi bien gustative que visuelle, et des délicatesses comme celle qui consiste à glisser, au choix du client, des poèmes dans les boîtes de chocolat.
Difficile ici de résumer le style Hévin, le mieux est encore de feuilleter Délices de Chocolat, le premier livre du maître, paru chez Flammarion, qui en plus de livrer ses recettes et ses secrets, aborde l'univers chocolat dans sa totalité, son histoire et ses terroirs.