...Ils ont toujours été là...
De mémoire de Picard, de Saint-Valery-sur-Somme au Crotoy,
on n'a pas le souvenir d'une baie sans moutons.
Une zone de production bien définie et des règles précises...
L'élevage du mouton de prés-salés est une activité traditionnelle en Baie de Somme.
Seuls peuvent bénéficier de l'appellation d'origine contrôlée "Prés-salés de la baie de Somme" les agneaux qui séjournent sur les secteurs autonomes de pâturage constituée des marais salés situés de la pointe de Saint-Quentin au phare du Hourdel dans la baie de Somme et de la pointe de Routhiauville à la pointe du Haut-Blanc dans la baie d'Authie, pour une période de pâturage maritime de 75 jours minimum, la durée d'élevage minimale des agneaux avant leur abattage etant de 135 jours.
Une vieille histoire picarde...
Dès le XVIème siècle, diverses donations de terres par des seigneurs
ou de moines de l'Abbaye de Saint-Valery constituent une vaste étendue de pâturage.
Au XIXème siècle, de petits exploitants travaillant la terre le matin
se font bergers l'après-midi et emmenent paître leurs brebis sur les chemins,
les talus et les terrains en friche.
Il y eut jusqu'à six mille moutons entre le Crotoy et Saint-Valéry au début du XIXème siècle.
Les bêtes quittaient l'étable en mars, après les grandes marées d'équinoxe
et restaient sur les pré-salé jusqu'à l'automne.
A la Saint-Jean (24 juin), les moutons étaient baignés dans la mer,
puis tondus et marqués au fer de leur propriétaire.
Vers la Saint-Rémi (1er octobre), les troupeaux regagnaient l'étable ou de grandes bergeries que les bouchers d'Abbeville avaient installés à Boismont et Pinchefalise.
Un produit de qualité...
La filière représente aujourd'hui 13 éleveurs, 3 600 brebis avec 2 000 agneaux vendus sous la marque Estran, 1 acheteur distributeur et 1 abattoir.
Surveillés par un berger et des chiens, ils pâturent une flore typiquement maritime, se régalant de suède, salicorne, armoise maritime, puccinellie, aster maritime ...
La flore typiquement maritime donne à la viande un goût particulier qu'on ne retrouve pas ailleurs. De plus, du fait des déplacements, la bête est plus musclée. Tout ceci donne à la viande un grain très marqué, une tendreté appréciée des connaisseurs.
L'agneau bénéficie depuis peu d'une AOC qui récompense 10 ans d'effort d'un groupe d'éleveurs passionnés !