La « bûche » sous forme de gâteau à la crème au beurre moka ou chocolat est la délicieuse héritière de coutumes ancestrales.
Son origine remonte probablement à la « bûche en bois » que l'on tenait au-dessus du feu.
Ce feu donnait évidemment lieu à certaines cérémonies. En Provence, par exemple, la « bûche » était brûlée solennellement en présence de tous les membres de la famille.
Avant que la bûche ne disparaisse dans les flammes, on la recouvrait d'un verre de vin, d'un morceau de pain, d'un peu de sel et de cire d'une bougie allumée. Pendant ce temps, un membre de la famille récitait un pieux poème. C'est ainsi que l'on se souhaitait une heureuse année.
Le rite de la combustion de la bûche était aussi l'occasion de faire des prévisions.
Celle-ci avait un rapport direct avec les problèmes du moment. Lorsque la famille avait des enfants à marier, le nombre d'étincelles indiquait le nombre de mariages qui auraient lieu durant l'année à venir.
Si on possédait du bétail, le nombre d'étincelles permettait de prédire si l'accroissement des têtes serait important ou non.
La bûche et surtout « le bout de bois à moitié brûlé » avait aussi des propriétés protectrices. Ce bout de bois était remis dans le feu lors d'orages pour éviter que la foudre ne détruise tout.
Les cendres étaient soigneusement conservées, car elles protégeaient les habitants de la maison, ainsi que les animaux, contre la maladie et le malheur. Les cendres tenaient aussi les magiciens à l'écart et empêchaient les renards d'entrer. Bref, la bûche était le porte-bonheur...
Ces rites, ces coutumes se modifient au cours des âges. La pâtisserie, grâce à l'idée d'un de ces praticiens : Antoine Charabot, pâtissier dont je parlerais ensuite, adapta une fabrication biscuitée et crémeuse en forme de bûche, en 1874, pour au dessert célébrer le réveillon.
Dans les maisons, les foyers disparaissent au profit des poêles à bois ou au charbon.
Qui était Antoine CHARABOT?
Antoine CHARABOT, ex-chef pâtissier glacier du grand hôtel Quirinal à Rome, du Savoy Hôtel à Londres et des maisons QUILLET et JULILEN frères à Paris, puis installé rue de Seine, écrivit en collaboration avec Pierre LACAM, auteur de « Mémorial de la pâtisserie » ex-chef pâtissier glacier de son Altesse Charles III, prince de Monaco, le glacier classique et artistique, en France et en Italie en 1893.