Pour avoir voix, au chapitre de la renommée, mieux vaut connaître sa bible.
Un certain chanoine KIR, en se délectant de la maxime latine "bonum vinum laetifiat cor hominis" inventa l'apéritif qui porte son nom.
Dans le processus de l'alchimie viticole de tout bon repas, bien et modérément arrosé, tout à la fois, de l'apéritif au digestif, le Kir qui ouvre le ban et l'appétit, occupe un rang plus que respectable.
Il ne faut pas se fier à la simplicité apparente des composants : vin blanc et cassis, tel est l'enjeu ... à condition de proscrire d'entrée de jeu ... les colorants.
Mieux vaut un bon sirop, qu'une mauvaise crème ; rien ne vaut une double crème de cassis, aux fruits naturels, sans colorant.
Où se trouve donc le secret de l'origine de ce fameux breuvage ?
Comme toujours, en réponse à une constatation simple mais posant interrogation !
Si Newton découvrit la pesanteur, en voyant tomber une pomme (pas de chute dans les pommes !) notre bon chanoine KIR, avait des aigreurs d'estomac, en consommant, non point du vin de messe,
mais un vin bourguignon, par trop vert.
Donc, pour adoucir son vin, notre chanoine eut l'idée d'ajouter un sirop de fruit, presque une liqueur.
Ce mélange concocté par sa fidèle gouvernante utilisait un sirop de
cassis ! Normal en Bourgogne.
Le succès fut immédiat ; la renommée grandit et dépassa les frontières régionales, peut-être même gagna-t-elle les bancs de l' Assemblée Nationale, où notre chanoine siégeait comme député.
Notre député-maire mérita l'estime de tous et fut même intronisé, dans le cercle fermé des cocktailiers.
Bien entendu, les années passant et l'expérience aidant, le KIR obtient aujourd'hui ses lettres de noblesse, avec d'excellents produits : un Bourgogne aligoté et un double crème, issus de cette région viticole et fruitière.
Si Louis XI mit fin à l'indépendance de cette province, à l'image de ses quatre derniers ducs, on peut être fier d'être bourguignon, c'est à dire hardi, sans peur et, bon et téméraire... sans oublier un attachement sincère à son vignoble réputé et au, non moins célèbre KIR.