Autrefois, au temps de Socrate, on sacrifiait un coq aux dieux païens.
En vérité, je vous le dis, en cette saison de la Coupe du Monde, le coq gaulois sera défié cinq fois et la victoire venue, sera nommé, coq du grand chelem et finira ... en cocotte, pour le plus grand bonheur des dieux du stade !
Le coq du grand chelem, fier comme Artaban, bondit comme d'Artagnan, dans le Sud-Ouest, n'a cependant pas la faculté de couvrir ses poules, pour leur faire pondre des oeufs, en forme de ballon ovale, de ballon de rugby.
Ses caractéristiques sont toutes autres et figurent au panthéon des gallinacés. Il s'agit : du plumage, de la crête, des ergots, du ramage et du "fighting spirit"
* le plumage est d'aspect cocardier, mêlant des couleurs emblématiques : du rouge sang, ... au bleu moiré, jusqu'au blanc, qui n'ont rien de la tenue d'un enfant de choeur.
* la crête, en excroissance orgueilleuse, gorgée de sang, est exceptionnellement relevée par une collerette tricolore, façon BOCUSE ; cela le fait ... porter beau !
* les ergots, armes redoutables des "combats-coq" des îles lointaines, lui donnent de l'assise, pour défier ses adversaires.
* le ramage, égal au plumage, est moqué par ses détracteurs, amateurs de chants guerriers, qui vont jusqu'à prétendre que même le cocorico marseillais de Chantecler, se fait entendre ... même quand il a les deux pattes dans le fumier !
Le "fighting spirit" doit son appellation, d'origine anglaise, aux nombreux combats courageux, menés contre "les cousins qui ont mal tourné" : anglais, gallois, irlandais ou écossais.
Quant aux italiens, dernières venus et nommés "coqs en pâtes', ils tentent, saison après saison de l'acquérir.
Il est temps de passer aux choses sérieuses, de la troisième mi-temps de ce jeu de voyous, joué par des gentlemen, celle des valeurs où notre coq du grand chelem va donner toute sa mesure.
Fanfaronnant haut et clair, droit dans son coup de bottes, lui qui a abandonné ... la queue de la poêle d'infamie, à un adversaire malheureux, se prépare à passer à la casserole.
Nous n'évoquons pas ici, le sort d'un vieux coq récalcitrant, vieilli sous la mêlée qui finit ses jours en se vautrant dans un vin de Bourgogne !
Nous mettons à l'honneur, un coq jeune, celui du renouveau français qui défie sans complexes ses homologues de l'hémisphère sud.
L'important c'est la découpe, quand le chant du coq est éteint ... et la cuisson douce, pour rôtir dans de la bonne graisse d'oie ou de canard, des morceaux, assaisonnés et dûment garnis.
Préparer à côté : sauce et accompagnement.
* pour la sauce, faire revenir le sang du coq dans une lichette de beurre noir, mélangé d'un verre de Whisky ou Whiskey (d'aucuns même préfèrent la bière nommée : ale) ; piler soigneusement tout en chauffant, avec trèfle d'Irlande ou chardon d'Ecosse ; cela s'appelle "mettre la pâtée" et n'a qu'un lointain rapport avec la rose des vents qui oriente ... la déroute.
*quant aux gros légumes d'accompagnement, les bonnes années on se tourne vers les navets, mais le plus souvent on sert un plat de pâtes, all dente.
Dans le Sud-Ouest, en Ovalie, on préconise une cuisson en deux temps de quelque 45 minutes.
Cela dépend cependant de la flamme et de la vigueur.
Les soirs de grands matchs, le sélectionneur, le "cook" parmi les coqs, soigne le collectif et renforce la mêlée de quelques dindes et autres poulettes ... pour transformer l'essai !
... Pas étonnant qu'avec de telles troisièmes mi-temps, nos porteurs du coq national, friands de "touches", s'offrent année après année, autant de tournées.