J'aime ce moment malgré cette période de restriction budgétaire, vacances obligent, où tout le monde reprend ses quartiers d'hiver et son lot commun de tracas, de routines, de projets...
J'aime cette période de rentrée car pour moi, c'est l'heure de découvrir mes nouveaux élèves et cette somme d'individualités, très enrichissante à cotoyer.
J'aime cette période de rentrée. C'est la reprise du championnat de France de rugby avec cette année la montée du RC Toulon dans le top 14 avec son mythique stade Maillol. Je repense aux repas de famille où on faisait l'éloge du Grand Toulon, du Grand Bézier et aux récits de mon oncle « Le Dule », pilier du SC Graulhet dans les années 80, emblème de ce rugby rugueux, patriotique, pas toujours beau à regarder mais avec tant de valeurs...
J'aime cette période de rentrée où ça commence à sentir bon le moût de raisin dans les campagnes. Les vendanges débutent, on pronostique la qualité du millésime, Jean Pierre Pernaut nous sort des reportages quotidiens sur le sujet... j'adore !
Cette période de fin d'été est surtout propice à la venue d'un phénomène attendu par tout gastronome : l'arrivée du fameux roi des forêts : le Cèpe.
Premièrement, je le trouve beau, surtout le petit Cèpe de Bordeaux, le « Bouchon de Champagne » avec son pied rondouillé et son chapeau noisette.
Ensuite, il est capricieux et sa venue est fonction des conditions climatiques. Récoltes abondantes, médiocres ou bredouille, ce sont les forêts qui décident et on se contente de ce que l'on a. De la quantité dépend d'ailleurs son utilisation culinaire. On appréciera une simple omelette, en cas de faible recolte, comme moi, hier soir, malgré trois heures à arpenter les forêts de Longpont.
Beau, capricieux, mais surtout bon le cèpe. J'aime son goût qui est valorisé par le côté éphémère, rare et saisonnier de la chose. Car pour l'apprécier, c'est comme tous autres produits ; il faut attendre sa venue et tant pis si elle ne vient jamais. On se contentera alors du Champignon de Paris que l'on a apprivoisé, qui ne voit jamais de fougères et de limaces, ni de lumière naturelle d'ailleurs. On attendra alors la saison prochaine en espérant « l'année de récolte ». Vous savez ces années où on étale sa récolte sur la table, qu'on la prend en photo, qu'on la pèse et qu'on se demande bocaux ou sacs de congélation ? Je préfère le procédé de congélation où t'aspires pour faire le vide et tu vrilles le fil de fer pour fermer le sac : j'adore ce geste. D'autres conseillent la conserve qui soit disant préserve mieux le goût ; à voir. On en servira alors pour les grandes occasions et les fêtes de fin d'année en particulier, même peu sur un plat ça en « jette ». Mais bon toutes les années ne sont pas comme ça.
Cuisiner le cèpe, ça commence par le nettoyer. Surtout ne pas le laver à grande eau, il faut le respecter. Petit couteau, brosse à dent, chiffon humide... ça prend du temps. Puis on le coupe et enfin on le révelle dans un filet d'huile chaude. Ca doit crépiter. Moi je l'aime légèrement croustillant sur le dessus et fondant à l'intérieur. Un peu de persil frais : c'est prêt. Quel bonheur!!! Mais pour en arriver là, il faut patienter, chercher, marcher pour un petit plaisir gourmand que l'on pourra certes retrouver, en souvenir de tant de labeur, le 25 décembre, au côté du chapon ou de la dinde.
Voilà j'aime cette période de la rentrée où ça commence à sentir bon les plats d'hiver, mais je regrette tout de même l'apéro d'été, l'anisé et ses olives vertes de Lucques, les grillades, le soleil, les fruits d'été...comme quoi toute saison a son lot de réjouissances.