Curnonsky, élu Prince des Gastronomes, recoit la lettre suivante :
'Croyez-vous, Monsieur le Prince que le moment soye (Sic) bien choisi par ces temps de vie toujours de plus en plus chère, pour faire la pologie (sic) de la bonne chair (sic) coûteuse et compliquée dont les goinfres se gorgent de nourriture, s'empiffrent de truffes et de foie gras et ingurgitent des 17 ou 18 grands vins à chaque repas, alors que tant de pauvres bougres n'ont même pas de quoi se f... un quart de Brie sur leur croûton de pain et se désaltèrent avec un verre de Château La Pompe.
Et croyez vous que la gastronomie soye (sic) un sport démocratique à la portée du pauvre prolo ?
...
Et Curnonsky de répondre... :
'L'apéro est devenu la dernière religion des citoyens français, et le prix de trois ou quatre tournées est souvent le double du prix d'un repas ! Et le P.M.U. !
Et la belote !
Tout est cela est pris sur la bouffetance !
En France, la gastronomie reste quand même à la portée du plus grand nombre parce qu'on y trouve tout et parce que la majorité des femmes savent tirer parti de tout et faire la cuisine avec peu de chose...
Mon brave contradicteur, qui se représente une élite de gourmets se gavant de trente plats et entonnant 18 grands vins, définit à son insu ce qui est le contraire même de la gastronomie.
Notre maître Brillat-Savarin, n'a-t-il pas écrit dans ses immortels principes :
'Ceux qui s'indigèrent ou qui s'enivrent ne savent ni boire, ni manger.'