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Pour gagner du temps et un peu d’argent, beaucoup de consommateurs se tournent vers des morceaux de poulets rôtis déjà prêts vendus en supermarchés comme le filet. Mais qu'est-ce que ces produits valent réellement ? Sont-ils vraiment bons ? C’est la question que se sont posés le médecin Jimmy Mohamed et le chimiste Raphaël Haumont dans l’émission “Le Magazine de la Santé”. Voici la réponse des experts.
Aliment transformé ?
“Ça démarre pas mal” affirme Raphaël Haumont en regardant le packaging d’un filet de poulet rôti. Nutri-Score B, le filet est entier et provient d’une volaille française. Ce n’est donc pas une viande transformée, comme peut l'être le jambon. C’est un vrai filet de poulet. C’est donc un bon point.
La liste des ingrédients
Le problème ? Cela se gâte un peu plus en s’attardant sur la liste des ingrédients de ce produit. Quand on décortique, on voit qu’il y a 9 ingrédients, ce qui fait beaucoup pour un simple filet de poulet. Mais alors, qu'a-t-on ajouté à la composition ? “Il y a, bien entendu, du filet de poulet. On est quand même rassuré. Deuxième ingrédient, de l’eau. Ensuite, vous avez du sucre. Il y a deux types de sucre : il y a du sucre roux et du sirop de glucose. Il y a de l’huile, du sel, ça c’est plutôt presque rassurant aussi” précise l’expert Raphaël Haumont. “Après, plus exotique, on a des protéines de pois, des fibres de carottes et des carraghénanes, qui sont un gélifiant naturel.”
Verdict ? C’est trop.
Un poulet gorgé d’eau
Il y a deux grandes étapes avant que la viande soit prête. D’abord la préparation, qui est la salaison, et ensuite la cuisson. C’est la salaison qui pose souvent problème. Si elle a pour but de rendre la viande plus moelleuse et savoureuse, avec ce processus le poulet va se gorger d’eau, beaucoup plus que la normale. “Pour cette marque, il y a 11 % d’eau qui est injectée dans le poulet, c’est énorme” affirme le spécialiste. Cela va influencer la texture, la cuisson et la perception du goût. C’est pour cela que l’on va ajouter d’autres ingrédients comme ici des fibres de carottes, des protéines de pois ou encore des carraghénanes pour retenir l’eau à l’intérieur et apporter du moelleux. Et pour accélérer la caramélisation, on ajoute également au poulet de l’huile et du sucre roux. “On emballe ça et on fait un bon marketing” précise Raphaël Haumont. On obtient ainsi un poulet gorgé d’eau !
Le prix
Et contrairement aux idées reçues, cette option est loin d’être la plus économique : “J’ai payé 19,45 euros le kilo” affirme le chimiste. “Quand vous achetez une viande type Bleu, Blanc, Cœur ou Label Rouge, qui protège le consommateur et les éleveurs, vous êtes à 12 à 15 euros le kilo. Vous payez moins cher.”
Ainsi, Raphaël Haumont recommande d’acheter son poulet entier et d’ajouter uniquement de l’huile et du sel. Vous n’aurez besoin que de 3 ingrédients. Ensuite, faites cuire à 150 °C pendant 2 heures et vous pourrez ainsi réaliser au moins 3 à 4 recettes. Ce sera beaucoup plus économique ! Et pour le four, Raphaël Haumont a vérifié, cela ne vous coûtera que 1 euro d'électricité. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire !