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15 ans après, qu'est devenue la machine à pain ?

Souvenez-vous, en 2005, la machine à pain était furieusement tendance ! Qu’en est- il aujourd’hui ? Décryptage…

 

Des ventes en berne 

 

Au début des années 2000, la machine à pain (la fameuse « MAP » !) débarque en France et connaît un succès fulgurant. Les ventes progressent à un rythme effréné, passant de 256 000 en 2005 à 786 000 en 2008*. LA MAP atteint alors son apogée, avec plus de 24% de foyers français équipés. Mais le déclin s’amorce dès l’année suivante, et les ventes baissent progressivement. En 2018, il s’est vendu 52000 MAP, et seulement 15% des foyers en possèdent.

 

Un engouement sans précédent 

 

Le succès de la MAP va bien évidemment de pair avec la tendance du fait maison, qui a progressé de façon exponentielle à partir des années 2000. Il faut dire que les promesses de la MAP étaient bien alléchantes. Ne plus courir le soir à la boulangerie pour aller chercher sa baguette, avoir du pain tout chaud au petit déjeuner, créer ses propres recettes, le tout très facilement (il suffit simplement de verser les ingrédients dans la cuve, et la machine s’occupe de tout !)…. Autant de raisons de s’équiper ! 

 

Voir nos astuces pour réussir son pain en MAP

 

Mais quelques désillusions

 

Si la machine à pain présente bien des avantages, force est de constater qu’elle n’est pas dénué d’inconvénients. A commencer par son prix. Les premiers modèles oscillent autour de 60 €, mais il faut parfois investir trois fois plus si l’on souhaite acquérir une machine plus performante avec de multiples fonctions.

 

Autres points faibles, l’encombrement (la MAP n’est pas forcément des plus esthétiques et prend beaucoup de place sur le plan de travail)… et le bruit qu’elle peut occasionner. La faire fonctionner la nuit pour avoir du pain au réveil peut perturber le sommeil !


Enfin, le résultat n’est pas forcément à la hauteur des espérances. Avec certaines machines « première génération », on se retrouvait avec un pain en forme de cube à la mie trop compacte, et avec une entaille plutôt disgracieuse au milieu du pain (le mélangeur restait coincé dans la mie, occasionnant un trou au moment du  démoulage). Si les modèles ont beaucoup évolué depuis, donnant des résultats plus concluants, de nombreux consommateurs ont été déçus et ont relégué la MAP au placard !

 

Faire son pain… à la main !

 

Comme le souligne Eric Birlouez, si la MAP elle-même semble avoir perdu de sa superbe, le « do it yourself » fait toujours recette. Faire pousser ses fruits et légumes sur son balcon, produire soi même sa bière ou son pain est toujours en vogue. D’après une récente étude de l’Obsoco (Observatoire Société et Consommation), en 2018, 20 % des Français ont déclaré fabriquer du pain. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène, à commencer par la crise économique (faire soi même coûte souvent moins cher) et les peurs alimentaires. Fabriquer son pain permet de se rassurer et de maîtriser ce que l’on mange car on sait exactement ce que l’on met dedans… 

 

Et on peut parfaitement faire son pain sans machine à pain. Car si les ventes de MAP sont en berne, celles des robots pâtissiers elles, progressent. Le crochet pétrisseur est un vrai plus pour les amateurs de pain maison, et il a sans doute joué sur le déclin des MAP. Par cette démarche, on s’investit encore plus, et l’on se sent plus valorisé. Eric Birlouez rappelle aussi l’importance de la « dimension plaisir » : pétrir et façonner son pain détend, déstresse, et a un côté très sensuel ! Faire son pain  a aussi un côté magique : la fermentation opère, et c’est un aliment vivant que l’on voit pousser. On peut aussi voir dans cette tendance, une réelle quête de naturalité et une façon de se reconnecter à la réalité.

 

Merci à Eric Birlouez, sociologue de l'alimentation
 

*Source : Gfk / Etudes Gifam menée par Kantar

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