Avec des rayons vides : va-t-on vers une pénurie de salades pour cet été

Les salades disparaissent peu à peu des étals en pleine saison estivale. Derrière ces rayons clairsemés se cache une situation bien plus préoccupante qu'il n'y paraît.

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Avec des rayons vides : va-t-on vers une pénurie de salades pour cet été

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L'été, les salades sont incontournables dans nos assiettes. Pourtant, depuis quelques jours, certains consommateurs peinent à trouver leurs variétés préférées en magasin. Entre rayons clairsemés et récoltes en difficulté, faut-il craindre une véritable pénurie ? Les professionnels du secteur tirent la sonnette d'alarme alors que la sécheresse et les épisodes de canicule mettent les cultures à rude épreuve. Si la situation n'a pas encore totalement vidé les étals, les prochains mois pourraient s'annoncer particulièrement compliqués pour les producteurs comme pour les consommateurs. Les premiers signes sont déjà visibles sur les marchés et dans les supermarchés. Certaines variétés, comme les laitues ou les batavias, deviennent plus difficiles à trouver. À Clamart, dans les Hauts-de-Seine, un commerçant interrogé par RMC Story explique ne disposer que d'une infime partie de son stock habituel : "J’ai un cinquième de ce que j’ai habituellement. Ce matin, je n’ai pu avoir que de la sucrine verte et de la rouge. C’est tout ce que j’ai pu avoir", raconte-t-il. Son fournisseur de Rungis ne parvient plus à lui livrer les quantités habituelles, les réserves s'étant considérablement réduites. Cette situation trouve son origine dans les conditions météorologiques exceptionnelles de ces dernières semaines. Selon VigiEau, au 4 août, 99 départements français étaient soumis à des restrictions liées à la sécheresse, avec de nombreuses zones placées en alerte renforcée ou en état de crise. 

La salade victime de la canicule

Les salades figurent parmi les cultures les plus vulnérables face à ce manque d'eau. Très gourmandes en irrigation, elles supportent mal les longues périodes de chaleur intense. Les nuits tropicales aggravent encore le phénomène en perturbant complètement leur développement naturel. Dans les Yvelines, le maraîcher Arnold Ulrik constate des dégâts impressionnants dans ses champs.

Les salades ne ressemblent plus aux légumes attendus par les consommateurs : "Toute la ligne là, ce sont des salades. Quand il fait plus de 30 degrés pendant plusieurs jours et que les nuits sont tropicales, ça envoie un message à la plante de se reproduire, de faire des petits. Et donc, au lieu de faire des feuilles, elle va monter à graine", explique-t-il à RMC Story. Résultat, certaines cultures deviennent impropres à la consommation tandis que celles qui survivent perdent en qualité : "Au lieu d’avoir des salades qui font 400 grammes, on a des salades qui font 200 grammes", regrette le producteur, qui estime déjà son manque à gagner à environ 450 euros, soit près de 300 salades perdues. Les professionnels redoutent surtout les conséquences à plus long terme.

Jean-Claude Guehennec, vice-président de Légumes de France, estime que les difficultés ne s'arrêteront pas à la fin de l'été :  "La rentrée va être compliquée et les effets vont continuer tout le courant de l'hiver, on risque de connaître une situation qu'on n'a jamais connue. À titre personnel, je n'ai jamais vécu une situation comme celle-ci", affirme-t-il sur RMC.

L'inquiétude des producteurs

Son confrère Cyril Pogu rappelle que les salades ne sont pas les seules victimes. Les tomates enregistrent également d'importantes baisses de volumes tandis que les artichauts et les brocolis connaissent parfois des pertes quasi totales dans certaines régions. En Bretagne, certains maraîchers n'ont même plus une seule salade à récolter depuis plusieurs semaines. Sans système d'irrigation, ils attendent désormais les prochaines pluies pour espérer relancer les cultures. Comme une salade nécessite entre 45 et 60 jours avant d'être récoltée, un retour à la normale ne pourra pas être immédiat. Si les précipitations tardent encore, les rayons pourraient rester moins garnis qu'à l'habitude pendant plusieurs mois. Les spécialistes appellent donc à rester vigilants, car la sécheresse actuelle pourrait durablement bouleverser la production française de légumes-feuilles.

Laura D'AngeloPar  Laura D'Angelo