Fatigue, manque de sommeil, stress, inconfort digestif, ou encore chute de cheveux, ongles cassants, appétit... autant de maux auxquels les Français trouvent de plus en plus réponse dans les compléments alimentaires. Ces dernières années, ces petites gélules se sont placées en tête des gondoles des pharmacies ou sont vantées sur les réseaux sociaux, devenant une sorte de rituel annuel pour pallier à certaines carences. Nul besoin d'ordonnance pour s'en procurer, on a davantage tendance à les considérer comme des "petits coups de pouce" plus que comme de véritables médicaments. Pourtant, ils ne sont pas si anodins que cela. Se fier à l'IA - Gemini, ChatGPT, Claude et les autres - n'est donc pas la meilleure de solution pour se renseigner.
Le risque du diagnostique manqué
Se tourner vers l'IA dès qu'une question nous passe par la tête est devenu le nouveau réflexe de bien des Français. ChatGPT peut aussi bien vous donner un coup de main pour fixer une étagère, que pour détacher votre linge, répondre à une question existentielle, réfléchir à vos prochaines vacances ou vous renseigner sur votre santé. "Ce savoir qui est mis à disposition des individus est une bonne chose", estime le Dr Faïza Bossy, médecin généraliste et nutritionniste, auprès de Madame Figaro. "Là où il faut être vigilant, c’est sur les questions personnalisées" nuance ensuite la spécialiste.
Car si votre chatbot peut vous conseiller de prendre tel complément en cas de fatigue, il peut aussi passer à côté d'un vrai diagnostic. "Par exemple, on va traiter une fatigue avec du magnésium alors qu’en dessous, il y avait une anémie très sévère ou une pathologie thyroïdienne", explique le médecin. Suite à une série de questions, le professionnel de santé pourra vous orienter vers un examen plus poussé, ce que l'IA ne pourra pas faire.
Le risque de surdosage ou d'incompatiblité
Outre le risque de passer à côté de quelque chose que seul un médecin et son expérience pourra déceler, l'autre danger de se fier uniquement à l'IA, c'est de se préparer un cocktail de compléments qui ne sont pas compatibles entre eux. "Beaucoup perçoivent les compléments comme de simples produits de bien-être, alors qu’ils peuvent contenir des doses actives de vitamines, de minéraux, de plantes et même des molécules aux effets hormonaux, qui ont des interactions, voire des effets indésirables", alerte le médecin.
Si l'on veut à la fois booster son immunité, diminuer sa fatigue et son stress, en prenant un complément pour chaque symptôme, il y a un vrai risque de surdosage car plusieurs compléments peuvent contenir un même principe actif. "On peut finir avec un surdosage en vitamine D, en vitamine A, en fer, en iode, en sélénium ou encore en zinc, prévient-elle, avec des complications pouvant aller jusqu’à des insuffisances rénales ou des calculs rénaux chez les personnes sensibles".
L'IA pour aller chercher des informations, oui, mais pour remplacer le médecin, c'est non.