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Un piège bien plus courant qu’on ne l’imagine. Quand on évoque les aliments ultratransformés, beaucoup pensent immédiatement aux plats industriels ou aux sucreries que l’on tente d’éviter au maximum. Pourtant, la réalité est bien plus sournoise. Comme le révèle une enquête de Foodwatch, dévoilée en exclusivité par Le Parisien, certains produits perçus comme “bons pour la santé” cachent en réalité une composition bien plus discutable. Sur les emballages, les promesses sont rassurantes : sans sucre, riche en fibres, allégé en matières grasses ou encore source de protéines. Autant d’arguments qui donnent l’impression de faire les bons choix au supermarché. Mais derrière ces mentions, la composition peut être tout autre. Pour établir son enquête, Foodwatch s’est appuyée sur la base de données Open Food Facts et la classification NOVA, qui permet d’évaluer le degré de transformation des aliments. Résultat : plusieurs produits du quotidien, souvent jugés sains, figurent en réalité dans la catégorie des aliments ultratransformés.
Quels sont les aliments qui paraissent sains mais qui sont en réalité ultratransformés ?
Parmi eux, on retrouve par exemple une boisson à base d’amande de la marque Alpro, des carottes râpées prêtes à consommer vendues chez Carrefour, du thon Saupiquet, du muesli de Marque Repère (E. Leclerc) ou encore certains yaourts très réputés comme le skyr. Des références populaires, faciles à intégrer dans une alimentation équilibrée, du moins en apparence. Ce qui pose problème, c’est leur composition. Comme l’explique Audrey Morice, chargée de campagne chez Foodwatch, ces produits ont subi des transformations complexes et contiennent des ingrédients absents d’une cuisine traditionnelle. Épaississants, agents de texture, conservateurs ou encore additifs parfois controversés sont utilisés pour améliorer le goût, la couleur ou la texture. Dans certains cas, la transformation va même jusqu’à modifier profondément la nature du produit. Un exemple souvent cité : celui de préparations chocolatées qui n’utilisent plus de cacao comme ingrédient principal, mais des sirops sucrés et divers additifs pour reproduire une saveur similaire. Cette industrialisation de l’alimentation n’est pas sans conséquence.
Quels sont les risques de consommer ces produits ?
Selon plusieurs études scientifiques, une consommation élevée d’aliments ultratransformés serait associée à un risque accru de maladies chroniques, comme les troubles cardiovasculaires, le diabète de type 2, l’obésité ou certains cancers. Même si le rôle précis de chaque additif reste difficile à isoler, l’ensemble de ces produits pose question. Face à ces critiques, les industriels se défendent. Certaines marques assurent que leurs produits respectent les normes en vigueur et mettent en avant la sécurité des ingrédients utilisés. D’autres annoncent des ajustements de recettes pour limiter certains additifs ou améliorer la qualité nutritionnelle. Mais pour Foodwatch, le problème reste entier : le consommateur manque d’informations claires. Aujourd’hui, il est presque impossible d’identifier facilement ces produits en rayon. L’association appelle donc à la mise en place d’un étiquetage transparent.