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Champagnes : pourquoi y a-t-il une aussi grande différence de prix ?

La terrine de foie gras est dans le frigo, les petits fours décongèlent et la dinde repose dans le four. Il ne reste qu'à aller acheter une bouteille de champagne pour trinquer à ces fêtes de fin d’année. Mais, dans le rayon dédié, on trouve de tout pour tous les budgets. Certaines bouteilles affichent des prix à 3 chiffres quand d’autres coûtent à peine le prix de 2 hamburgers. Qu'est-ce qui explique un tel écart ?


 

Faut-il choisir son champagne en fonction du prix ? Adobestock

Pas question de débuter - ou de finir- le repas de Noël sans une coupe de champagne. Le souci, c'est que peu savent véritablement décrypter les étiquettes et choisir ce vin en connaissance de cause. Alors on se fie souvent au prix de la bouteille. Mais en réalité, on ne sait pas véritablement ce que l'on paye lorsque l'on achète une bouteille moyenne à 20 euros. 

 

Un sacré coût du moût

Le raisin du Champagne est cueilli manuellement. Adobestock

Si votre ticket de caisse vous effraie lorsque vous voyez le montant de la bouteille, c’est en partie à cause du prix du raisin et de la réglementation de rendement. Les grappes se vendent entre 4 et 7 euros le kilo selon la qualité et la zone géographique. Comment ça ? Pour faire simple, les récoltes sont réparties sur 319 zones parmi lesquelles 17 sont classées comme “zones de grand cru” car elles ont bonne réputation. Une assiette en porcelaine achetée à Limoges coûtera plus cher que la vaisselle d'une grande enseigne suédoise. Et bien pour le raisin, c'est plus ou moins la même chose.

 

Or, pour produire une bouteille de 75 cL, il faut 1,2 kilo de raisins. Cela représente 4,8 euros de matières premières pour la fourchette basse et 8,4 euros pour le haut de gamme. Autrement dit, 35 à 40% du prix final. Plus votre bouteille est chère, plus elle a de chance d’être fabriquée à partir d’un bon raisin.

 

Le prix fluctue selon la qualité du raisin, mais pas seulement. Le cépage a lui aussi son rôle à jouer. Si c’est un champagne brut sans année, comprenez un mélange de différents cépages et de récoltes sur 2 ou 3 ans, il aura peu de valeurs (tout est relatif, qu’on s’entende). Par contre, un champagne millésimé (qui est fabriqué à partir de la récolte d'une seule année) est plus sélectif… et donc plus cher. Idem pour les blanc de blancs (issu d’un seul cépage, le chardonnay) et les blanc de noirs (issu du seul cépage, le pinot noir). Cette sélectivité a un coût : comptez 20 à 40% de plus qu’un champagne “classique”. Concrètement, par rapport à une bouteille à 20 euros, ça fait 4 à 8 euros de plus. 

 

Le goût du travail bien fait

Un champagne, ce n’est pas juste des raisins récoltés à la main, broyés puis mis en bouteille. Dites-vous qu’entre le moment de la récolte et la mise en vente du produit, il s’écoule au minimum 15 mois. C’est le temps nécessaire pour que le champagne vieillisse en cave. Mais comme pour le jambon cru ou le fromage, ce temps minimum de repos peut s’étendre sur un bien plus long terme. Les très bons champagnes par exemple peuvent être stockés en cave pendant 36 mois. Vous l’aurez compris, plus le temps de vieillissement est grand, plus le prix de vente sera élevé. 

 

Vous pensez qu’il suffit de poser les bouteilles dans la cave et le tour est joué ? Loin de là. Le chef de cave doit s’assurer que les conditions de stockage (niveau d’humidité, température, luminosité) soient strictement identiques tous les jours. Certaines maisons s’offrent même le luxe d’avoir un remueur. C'est lui qui est chargé de tourner les bouteilles, quand d’autres marques assignent la tâche à une machine. Et pour cause : la transmission de ce savoir-faire ancestral n’est pas gratuite, et cela se ressent dans le prix de vente de la bouteille. Selon les techniques employées et la durée de conservation du vin, les frais de production peuvent donc représenter jusqu’à 30% environ du prix de la bouteille.

 

Le goût et le coût du luxe

Les prix des bouteilles de Champagne varient du simple au double... voire beaucoup plus. Adobestock

On ne boit pas une bouteille de champagne comme on boit un soda. Car derrière cette boisson, il y a l’image d’un produit de luxe. Et le prestige, ça s’obtient par la publicité, mais aussi par le prix affiché. Inconsciemment, beaucoup d’entre nous voient une corrélation entre le prix d’un produit et son standing. Preuve en est : on achète rarement les bouteilles les moins chères du rayon. Sauf que l’image, ça représente 10 à 15% du prix final de la bouteille. Plus il y a de marketing, de publicité et de notoriété autour d'une bouteille, plus elle sera vendue chère. 

 

Les plus chers ne sont pas toujours les meilleurs

Au rayon champagne, on s'y perd. Adobestock

Selon une enquête 60 millions de consommateurs, les bouteilles les plus chères ne sont pas toujours les meilleures. Dans son article paru en 2016, le magazine révèle que sur un classement de 30 champagnes, les deuxième, troisième et quatrième places sont détenues par des marques distributeurs (Casino, Intermarché et Carrefour). 

 

D’ailleurs, en parlant de distributeurs, savez-vous qu’en achetant un champagne d’un récoltant, vous économisez par rapport au prix du vin d'un négociant ? Moins d’intermédiaires et moins de charges, ça fait 10 à 13% de frais en moins.

 

Au moment de l’achat de votre bouteille, le prix doit être pris en compte, mais rappelez-vous que ce n'est pas le seul facteur déterminant. Le choix dépend surtout de vos goûts. Si vous aimez le champagne sans sucre, prenez un brut. Si vous l’appréciez légèrement sucré, tournez-vous vers un extra-brut (jusqu’à 6mg de sucre par litre). Les palais les plus doux privilégieront les demi-sec (32 mg de sucre pour 1 litre). A votre santé ! 

 

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A boire avec modération.

Sources : "Pourquoi le champagne est-il cher ?" du Monde, le site Maisons-champagne, Dossier : "Champagne : faut-il forcément y mettre le prix" La Quotidienne

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