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Comment j'ai survécu à la fin des sacs plastiques

Souvenirs, souvenirs : le 1er juillet 2016, les sacs plastiques étaient définitivement retirés des caisses de supermarchés et des rayons fruits et légumes. Un tournant écologique national que j’ai évidemment applaudi des deux mains : fini les montagnes de déchets en plastique qui mettent un quart de siècle à se dégrader, fini les tortues étouffées par des sacs jetés en pleine nature, vive ma future vie green.

 

Jour 1

 

Le jour même, j’achète dans l’allégresse le sac réutilisable proposé en sortie de caisse dans mon Monoprix : un très joli sac, à imprimé fleuri, vendu dans une mini-pochette, qu’on glisse dans son sac à main et qu’on dégaine fièrement après avoir réglé ses achats. Merveilleux. Le soir, je perds illico la mini-pochette à sac en déballant mes courses : fourré en boule dans mon sac à main, mon « shopping bag » a déjà beaucoup moins d’éclat, mais je sauve la planète (et c’est ma joie).

 

Semaine 1

 

J’oublie de remettre mon sac de courses dans mon sac à main. J’achète un autre sac à courses à la caisse du Monoprix. Et un autre la semaine suivante. Et un autre la semaine d’après. L’écologie commence clairement à ruiner mon budget. Je passe aux sacs en papier - moins chers - et aussi beaucoup moins solides. Sueurs froides pendant tout le trajet supermarché-maison : les poignées vont-elles tenir sous le poids d’une bouteille de lait et de deux bocaux ? Oui. Bon. Le lendemain, j’ai encore oublié ce satané sac : j’entasse mes courses dans mon sac à main, dans lequel j’arrive à caser un pot de confiture et un crottin de chèvre. Je mets le reste sous mon bras et quitte le magasin sous l’oeil suspicieux du vigile. Le lendemain, au bureau, je tombe sur mon crottin de chèvre en fouillant dans mon sac à la recherche d’un paquet de mouchoirs…

 

Mois 1

 

Mon stock de sacs plastiques est épuisé. Or, ces sacs plastiques me servent de sacs poubelles : j’en accroche un gracieusement à la poignée de porte de ma cuisine pour pouvoir y jeter rapidement mes déchets (à cette époque, je me soucie manifestement de l’esthétique de mon intérieur comme d’une guigne). Direction donc le supermarché où je fais pour la première fois de ma jeune vie l’acquisition d’un rouleau de sacs poubelles. Les sacs poubelles n’ont pas de poignées : ma solution « poubelle de porte » n’est plus pérenne. Re-direction le supermarché pour faire l’acquisition d’une poubelle qui couvre désormais 50% de la surface au sol de ma très petite cuisine. Je pense fort aux tortues.

 

Année 1

 

L’heure du bilan a sonné. J’ai désormais une poubelle et une bonne douzaine de sacs de shopping réutilisables (tous dans ma cuisine, aucun dans mon sac). J’ignore si ça a un lien avec la fin des sacs plastiques mais j’ai abandonné les sacs à main. Mon portefeuille, mes clés, ma carte de transports, je les emporte dans un tote bag, qui a le mérite d’être assez grand pour caser aussi mes courses. Affaire réglée.