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Pourquoi mange-t-on de l'agneau à Pâques ?

Des oeufs dissimulés par-ci par-là dans le jardin, un lapin en chocolat qui nous fait de l’oeil depuis le début du repas et, en plat principal, un gigot d’agneau qui trône au centre de la table. On le sait, cette viande rouge est le symbole de la tradition de Pâques. Mais pourquoi ? Vincent Moriniaux, Maître de conférences en géographie de l’alimentation à la Sorbonne Université, nous explique d’où vient cette tradition de l’agneau pascal.

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Si, aujourd’hui, Pâques est plutôt synonyme de chasse aux oeufs, de cloches qui sonnent et de retrouvailles en famille,  ça n’a pas toujours été le cas. Pour comprendre l'importance de l'agneau dans cette fête religieuse, il faut s’intéresser à l’Ancien Testament, et plus particulièrement au moment de l’exode du peuple hébreu. 

 

Les Hébreux étaient esclaves des Égyptiens. Moïse demanda au Pharaon leur libération, qu'il refusa. Pour les venger, Yahvé, le Dieu des Hébreux, projeta une série de catastrophes sur l'Egypte. C'est ce qu'on appelle les dix plaies d'Egypte, dont la dernière prévoyait la mort de tous les nouveaux-nés mâles.

 

Pour protéger le peuple Hébreu de ce sacrifice, Yahvé leur ordonna de tuer un agneau et, avec le sang ainsi récolté, de laisser une trace sur leur porte. Le but ? Distinguer les familles à épargner lorsque ce fléau frapperait l’Egypte. Un fléau qui poussa d'ailleurs Pharaon à libérer les Hébreux, qui fuirent par la mer morte. “Aujourd’hui, pour commémorer la fin de l’esclavage de leurs ancêtres, les Juifs célèbrent un repas de famille très ritualisé, qu'on appelle le Seder de Pessa'h, dans lequel on retrouve avec le pain sans levain, les herbes amères et d'autres aliments symboliques, un os d’agneau, symbole de cet exil” détaille Vincent Moriniaux. 

 

Bref, revenons-en à nos moutons. L’histoire de Pessa'h, la pâque juive, nous amène peu à peu à comprendre la tradition chrétienne de Pâques.

 

L'agneau de Pâques : un symbole d'innocence et de sacrifice

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Jésus était juif. Par conséquent, lors de son dernier repas le jeudi saint, il a fêté la Pâque avec le même repas ritualisé que nous venons de voir, celui avec l’os d’agneau” commence par expliquer le Maître de conférences, avant de poursuivre “Et puis, dans la religion chrétienne, le Christ se sacrifie pour racheter les péchés du monde. Or, on l’a vu, l’image du sacrifice de l'innocent est associée à l’agneau”. 

 

C'est bien vrai : les représentations de sacrifice à travers l'image de l'agneau ne manquent pas dans la Bible, à commencer par celle d'Abraham qui, pour prouver sa foi en Dieu, accepta d'immoler son fils Isaac avant que Dieu ne lui ordonne de le remplacer par un agneau. Sans compter le surnom "d'agneau de Dieu" que porte Jésus. Du coup, on l’aura compris, consommer de l’agneau à la fête de Pâques, c’est rendre hommage au Christ et à son sacrifice pour sauver les hommes du péché.

 

On l’a vu, la tradition de l’agneau de Pâques est donc à chercher du côté de la religion juive et chrétienne. Mais pas que.

 

En avril, c'est la saison de l'agneau

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Mais une autre explication est à noter. Ni trop jeune ni trop âgé : le printemps est la saison idéale pour consommer de l’agneau, avant qu'il ne devienne un mouton (à partir de 300 jours). “Les éleveurs se sont adaptés pour que tout coïncide et que l’agneau, comme le veau et la brebis,  ait le bon âge pour être consommé à Pâques, et plus largement au printemps, saison de la renaissance”. 

 

Maintenant que l’on connaît l’origine, cap sur la recette du gigot d’agneau de Pâques. Car, selon l'Ancien Testament, pas question que l'agneau soit "à moitié cuit ou bouilli". Prochaine étape : savoir d’où vient la tradition des oeufs de Pâques. Vous la connaissez ?

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