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Toutes les tasses de café ne se valent pas, surtout lorsqu’on regarde leur impact sur la santé cardiovasculaire. Comme l’ont repéré nos confrères de Science et vie, une vaste étude norvégienne publiée en 2020 dans l’European Journal of Preventive Cardiology a suivi plus de 500 000 adultes pendant environ vingt ans. Ses résultats ont montré que les consommateurs de café filtré avaient une mortalité plus faible que ceux qui buvaient du café non filtré. Une différence qui ne tient pas seulement à la quantité consommée, mais aussi à la façon dont le café est préparé. Le principal responsable est le cafestol, un composé naturellement présent dans les huiles du grain de café. Avec le kahweol, il peut contribuer à faire augmenter le cholestérol LDL lorsqu’il passe dans la boisson. C’est précisément là que le filtre en papier joue un rôle intéressant. En retenant une grande partie de ces substances grasses avant qu’elles n’atteignent la tasse, il réduit nettement leur présence. Le café obtenu est donc beaucoup plus pauvre en cafestol que celui préparé avec des méthodes laissant passer davantage d’huiles.
Le café filtré, un choix plus favorable au cœur
Les recommandations européennes en prévention cardiovasculaire vont dans le même sens. Elles rappellent que les cafés non filtrés, comme le café bouilli, grec ou turc, contiennent davantage de cafestol et de kahweol, deux substances capables d’augmenter le LDL. Certaines préparations à base d’espresso peuvent également en contenir des quantités mesurables. À l’inverse, le passage à travers un filtre en papier limite fortement leur présence, ce qui en fait une option intéressante pour les personnes qui surveillent leur cholestérol. L’étude norvégienne a également observé que les personnes buvant entre une et quatre tasses de café filtré par jour présentaient les niveaux de mortalité les plus bas. Cela ne signifie pas que le café protège à lui seul contre les maladies cardiovasculaires, ni qu’il faut augmenter sa consommation. Il s’agit d’une association observée sur une longue période. D’autres facteurs, comme l’alimentation, l’activité physique, le tabac ou encore l’état de santé général, restent évidemment déterminants.
Espresso, piston ou café turc : tous ne se valent pas
La cafetière à piston et les cafés bouillis laissent davantage de matières grasses du grain passer dans la tasse. L’espresso se situe plutôt entre les deux : la quantité de cafestol varie selon la préparation, la dose et le nombre de cafés consommés. Pour un adulte en bonne santé, une consommation modérée reste généralement considérée comme compatible avec une bonne santé cardiovasculaire. Les recommandations européennes évoquent d’ailleurs trois à quatre tasses par jour comme une consommation probablement sans danger. Si vous buvez plusieurs cafés chaque jour ou si vous surveillez votre cholestérol, le filtre en papier reste donc le réflexe le plus simple. Il ne transforme pas le café en boisson miracle, mais il permet de limiter certains composés susceptibles d’alourdir le bilan lipidique. Entre une cafetière à piston, un café turc et une version filtrée, cette dernière apparaît aujourd’hui comme la préparation la plus intéressante sur le plan cardiovasculaire.