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Des croissants pas français, de la sauce tomate pas italienne, ces monuments gastronomiques nationaux ne viennent pas d'où vous pensez

Vous pensiez que les croissants étaient français et la sauce tomate italienne ? Vous avez faux sur toute la ligne. Voici quelles sont leurs réelles origines. 

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Et si on vous disait que la cuisine italienne n’existe pas ? C’est en tout cas ce qu’affirme, dans son nouveau livre La Cucina Italiana Non Esiste, Alberto Grandi, un historien de l’alimentation. Si son ouvrage met les italiens en colère, il pose néanmoins une question : est-on vraiment certain de l’origine des spécialités culinaires de nos pays ?

Des origines controversées

Pour bon nombre de gens, l’origine de la sauce tomate est italienne, tout comme les croissants sont français. Pourtant, il n’est en rien. Même si la tomate semble aujourd’hui être un élément central dans les cuisines méditerranéennes, comme la rapporte le journal britannique The Independant, elle a pourtant été ramenée d’Amérique Centrale, au XVIe siècle, par les colons. Il en va même pour le chocolat qui n’est pas originaire de Suisse, le café qui n’est pas Colombien, ou encore les cigarettes qui n'ont pas été inventées par les français.


Pour en revenir à la pizza, les premières traces de cette préparation ont été découvertes en Égypte. Même si la forme garnie que l’on connaît aujourd’hui a été inventée par les marchands ambulants napolitains, la boule de pâte à pain légèrement aplatie n’est pas italienne. Pour le croissant, une fierté nationale bien de chez nous, c’est la même chose. Il a été inventé à Vienne, en Autriche, avant qu’un homme d'affaires ouvre, au XIXe siècle, une boulangerie à Paris. Au fil des années, la véritable origine du croissant a été gommée, si bien qu'aujourd'hui, tout le monde le considère comme l’un des spécialités les plus emblématiques de l’hexagone. Une situation qui se rapproche, pour certains, de l’appropriation culturelle…

Une défense de l’identité

Si ce terme est aujourd’hui sur toutes les lèvres, ce n'est pas pour rien. Depuis 2022, de nombreuses personnes ont commencé à exposer l’idée que certains éléments matériels, ou immatériels, appartenant à une culture bien précise, étaient repris par d’autres cultures, sans même avoir la moindre idée de leur origine réelle. Cette pratique, souvent inconsciente, pose malgré tout la question de la visibilité des cultures d’origines. Ces dernières, bien souvent minoritaires, peuvent se sentir lésées car leurs pratiques et codes n’ont jamais été mis en avant qu’une autre culture ne s’y intéresse. Pire encore, parfois, certains vont jusqu'à changer l’histoire et faire croire que les éléments empruntés n’ont pas d’autre origine. Dans ce cas, certains peuples et cultures sont carrément “rayés de l’Histoire”.

Mais est-ce vraiment l’essentiel de savoir qui a inventé ou revendique l’invention de la pizza, de la sauce tomate ou du croissant ? Est-ce que la vocation même de la cuisine et de la gastronomie n’est pas de réunir les gens plutôt que de les diviser ? À méditer…

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