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Mondial du fromage 2021 : on a interviewé la championne du monde Virginie Dubois-Dhorne

Mercredi 15 septembre, Virginie Dubois-Dhorne, fromagère à la Finarde à Arras, a été sacrée championne du monde. On l'a contactée pour qu'elle nous partage son ressenti à chaud, 24h seulement après sa victoire.

Benjamin Dubuis - Photographe

Ce championnat, elle l'a plus que préparé. Il faut dire que celle qui a fini vice-championne du monde il y a deux ans avait la rage de vaincre pour cette 5ème édition du Mondial du Fromage. "J'ai commencé à m'entraîner avant même d'avoir la certitude que je participerais au concours. Ce championnat, ça représente 8 mois de travail de plus en plus acharné au fur et à mesure que le jour J approchait" révèle Virginie Dubois-Dhorne. Pour rappel, cette fromagère d'Arras (pas-de-calais) a été sacrée meilleure fromagère du monde mercredi 15 septembre.

 

Mondial du fromage : quelles sont les épreuves ?

Et du travail, il en a fallu pour préparer les 9 épreuves qui s'étalaient sur 9 heures. "Le matin, il y a des épreuves théoriques avec des QMC sur les appellations et la fabrication des fromages au niveau mondial. Ensuite, on passe à la dégustation à l'aveugle puis à l'oral devant un jury de grande ponte." Et l'après-midi ?

 

"On enchaîne 5 épreuves en 4 heures. D'abord, c'est une épreuve où il faut travailler le fromage comme dans un plat à servir au restaurant. Il y a aussi l'épreuve du mariage des saveurs avec un fromage imposé. Cette année, c'est tombé sur le roquefort. On a également dû faire une préparation fromagère à base de Brillat-Savarin, un plateau de fromages de 1m sur 1m et une sculpture sur des fromages imposés" énumère la championne du monde des fromagers. 

 

Et c'est d'ailleurs sur cette dernière épreuve qu'elle a su faire preuve de créativité pour épater le public. "J'ai sculpté la fable du Corbeau et du renard sur du Manchego, de la tommette de brebis et de la mimolette extra-vieille". Chapeau l'artiste. Mais cette épreuve ne représentait que 20 points sur 200. Il fallait donc s'entraîner avec ardeur pour les 8 autres épreuves.

 

Un titre bien mérité après tant d'efforts

Benjamin Dubuis - Photographe

Pour mettre toutes les chances de son côté lors de ce mondial du fromage, la candidate n'a rien laissé au hasard. "Je m'entraînais épreuve par épreuve. Ce n'est qu'une fois que je me sentais prête sur une épreuve que je travaillais sur la suivante". Elle a tout donné jusqu'à aller à la limite de ses capacités physiques.

 

Il faut croire que cette rigueur a porté ses fruits puisqu'elle est aujourd'hui sacrée championne du monde des fromagers. Un trophée qui s'ajoute à son palmarès déjà bien rempli : en 2016, la fromagère d'Arras avait déjà reçu la Lyre d'Or puis s'était hissée sur la deuxième place du podium de ce championnat du monde en 2019.

 

C'est un sacré parcours, surtout quand on sait que la championne n'était pas prédestinée à travailler dans ce milieu. "C'est à force de donner des coups de main à mon mari qui est affineur que je me suis mise à m'intéresser au fromage, moi qui lui disait que je ne toucherais jamais un fromage de ma vie" se souvient Virginie Dubois-Dhorne.

 

Mais sa plus grande victoire, c'est peut-être de savoir rester humble et reconnaissante malgré un tel parcours. Car elle le dit et le répète : "tous les artisans présents à ce concours avaient beaucoup de talent, ce sont tous de vrais passionnés qui m'ont épatée."

 

Si, à la lecture de cet article, vous avez une folle envie de plateau de fromage, c'est normal. Pour vous régaler, ça vaut le coup de prendre des fromages AOP et demandez conseil à votre fromager.

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