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Au restaurant, demander à repartir avec ce que l’on n’a pas terminé est désormais entré dans les habitudes. Mais plutôt que d’utiliser le traditionnel doggy-bag fourni par l’établissement, peut-on venir avec sa propre boîte et demander au serveur d’y placer les restes ? La réponse est oui. La réglementation française autorise cette pratique, même si le restaurateur conserve la possibilité de refuser certains contenants. Cette possibilité s’inscrit dans une politique plus large de lutte contre le gaspillage alimentaire. Depuis le 1er juillet 2021, les restaurants commerciaux et débits de boissons consommées sur place doivent permettre aux clients qui le souhaitent d’emporter les aliments ou boissons qu’ils n’ont pas terminés. Cette obligation découle de la loi Egalim du 30 octobre 2018 et figure aujourd’hui à l’article L.541-15-7 du Code de l’environnement. Les établissements doivent ainsi proposer des contenants réutilisables ou recyclables adaptés au contact alimentaire. Certaines exceptions existent néanmoins : les aliments proposés dans une formule à volonté ne sont pas concernés, tout comme les boissons dont le contenant relève d’un système de consigne.
Vous avez le droit de venir avec votre propre doggy bag, mais à quelques conditions
Rien n’oblige cependant le consommateur à accepter la boîte proposée par le restaurant. Il peut présenter son propre récipient réutilisable pour récupérer son repas. Une solution intéressante pour limiter davantage les emballages jetables. Mais apporter une boîte ne signifie pas que le serveur sera obligé de l’accepter dans toutes les circonstances. Le consommateur reste responsable de l’hygiène et de l’aptitude de son contenant. Si celui-ci apparaît manifestement sale ou s’avère inadapté aux aliments concernés, l’établissement peut parfaitement refuser de l’utiliser. Un affichage doit d’ailleurs informer les clients des règles relatives au nettoyage et à la conformité de ces récipients. Pour éviter un refus, mieux vaut donc arriver avec une boîte propre, fermée et conçue pour recevoir des denrées alimentaires. Le doggy-bag fourni par l’établissement n’est pas nécessairement gratuit.
Que dit précisément la loi ?
Comme le rappelle la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, le restaurateur peut demander une participation financière à condition que les clients en soient clairement informés, notamment sur les cartes ou les menus. Une règle particulière existe également pour les boissons vendues à emporter : lorsqu’un consommateur apporte son récipient réemployable, le professionnel doit lui appliquer un tarif inférieur à celui correspondant à l’utilisation d’un gobelet jetable. Reste enfin la question de la responsabilité une fois les restes récupérés. Le restaurateur demeure responsable du produit jusqu’au moment où celui-ci est remis au client. Il doit également communiquer les précautions utiles concernant sa conservation et le délai dans lequel il est conseillé de le consommer. Ensuite, le transport et les conditions de stockage échappent à son contrôle. En cas d’intoxication alimentaire, des analyses microbiologiques peuvent déterminer si le germe responsable était déjà présent avant la remise du repas ou s’il s’est développé ultérieurement. Apporter sa boîte au restaurant est donc parfaitement possible, mais le client doit lui aussi respecter quelques règles. Le serveur peut accepter le récipient sans difficulté dès lors qu’il est propre et approprié. Une habitude simple qui permet finalement de repartir avec son repas tout en évitant simultanément le gaspillage alimentaire et l’utilisation d’un emballage supplémentaire.