C'est sur Instagram, ce dimanche, que la maison Mavrommatis a partagé la triste nouvelle, rendant un hommage poignant à celui qui fut bien plus qu'un chef. « Créateur et ambassadeur de la cuisine hellénique en France, figure fondatrice et inspirante, Andreas Mavrommatis laisse derrière lui une œuvre culinaire et humaine considérable », écrit son groupe, avant de souligner l'essence même de son parcours :
« Durant plus de quarante-cinq ans d’engagement et de passion, il a œuvré à faire rayonner la gastronomie hellénique, établissant un véritable pont culturel entre la Grèce, Chypre et la France. »
De la rue Mouffetard à l'étoile Michelin
L'histoire commence en 1977. Quand le jeune Andreas pose ses valises à Paris, c'est d'abord pour user les bancs de la faculté de Jussieu en psychologie et en sociologie. Pour financer son cursus, il enfile le tablier aux côtés de son frère dans un petit restaurant grec de la rue Mouffetard. C'est le déclic. Après plusieurs passages dans les cuisines du Quartier latin, l'étudiant comprend sa véritable vocation : il sera cuisinier. Son ambition ? Sortir des clichés et rehausser le niveau de la gastronomie grecque traditionnelle en France.
Pour atteindre l'excellence, il ne laisse rien au hasard et part se former à la prestigieuse École des arts culinaires Lenôtre. Fort de ce savoir-faire technique à la française, il s'associe à ses deux frères pour ouvrir en 1981 une boutique traiteur-épicerie qui fleure bon le soleil. Dans la foulée, la fratrie inaugure Les Délices d’Aphrodite.
Le travail acharné et l'amour du bon produit finissent par payer. La consécration ultime arrive en 2018 : son restaurant gastronomique éponyme, Mavrommatis, décroche une étoile au prestigieux guide Michelin.
Un héritage familial entre de bonnes mains
Aujourd'hui, la Maison Mavrommatis est devenue une véritable institution, qui regroupe pas moins de cinq restaurants parisiens et dix boutiques traiteur réparties entre la capitale, Strasbourg et Nice. L'annonce de sa disparition, partagée ce dimanche sur le compte Instagram du groupe, a suscité une vive émotion dans le monde de la cuisine.
Mais si la gastronomie pleure un grand chef, son œuvre, elle, ne s'éteindra pas. Depuis l'ouverture de leur première petite boutique en 1981, l'aventure Mavrommatis a toujours été une formidable histoire de fratrie. C'est donc tout naturellement, et pour honorer sa mémoire, que ses proches ont repris le flambeau. « La continuité de la Maison Mavrommatis est pleinement assurée par ses frères, Evagoras et Dionysos Mavrommatis, qui poursuivront avec engagement et détermination l’œuvre initiée par Andreas, dans le respect de l’esprit, des valeurs et de l’exigence qui ont fait la renommée de la maison », a tenu à souligner le groupe.