@Instagram Mère Brazier
Comme le dit l’adage : « Derrière chaque grand homme se cache une femme ». Pour Paul Bocuse, cette femme s'appelait Eugénie Brazier. Mentor du « Pape de la gastronomie », elle lui a tout appris et a marqué durablement l'histoire de la cuisine française. Focus sur cette figure authentique et déterminée, une icône à connaître absolument !
De l'ombre à la lumière
Née en 1895 près de Bourg-en-Bresse dans un milieu pauvre, elle quitte l'école très tôt. À 19 ans, enceinte, elle est chassée par son père. D’abord nourrice chez des bourgeois, elle prend les commandes des fourneaux quand la cuisinière de la maison tombe malade. C’est là que tout commence.
En 1921, elle ouvre son restaurant éponyme « La Mère Brazier » rue Royale, à Lyon. Une table qui devient rapidement la plus populaire de la capitale de la gastronomie.
Ses spécialités deviennent mythiques :
- fonds d'artichauts au foie gras
- volaille de Bresse en demi-deuil
- son fameux gâteau de foie de volaille et de lapin.
Une cuisine mêlant terroir, rigueur et excellence, qui a porté l'esprit des bouchons lyonnais.
En 1928, elle ouvre une deuxième adresse au col de la Luère.
Cinq ans plus tard, c'est la consécration : ses deux établissements décrochent trois étoiles au Michelin. Eugénie Brazier devient la première femme — et la première personne de l'histoire — à réaliser ce doublé. Il faudra attendre 1997 pour qu'Alain Ducasse renouvelle cet exploit.
L'école de la rigueur
Véritable référence, elle forme les plus grands chefs. Parmi ses élèves figurent Bernard Pacaud (L'Ambroisie) et surtout un certain Paul Bocuse. En 1946, à 20 ans, le futur "Pape de la gastronomie" y fait ses armes.Une discipline de fer qui forgera sa légende. Eugénie Brazier lui apprend bien plus que la cuisine.
« C’était l’école de la vie. J’y ai appris à traire les vaches, à faire la lessive, à repasser, à cultiver les légumes... La Mère ne nous accordait jamais aucun jour de repos. » — Paul Bocuse, Des fourchettes dans les étoiles.
Une âme préservée
Tombé sous le charme de cette maison atypique, Mathieu Viannay (Meilleur Ouvrier de France 2004) rachète l'établissement en 2008. Son défi ? Conserver l'âme des lieux tout en modernisant la carte.
Aujourd'hui, on y savoure une cuisine d'exception alliant saveurs d'antan, raffinement et créativité. L'histoire continue.