Adobe Stock
L’automne est la saison propice à la cueillette de champignons. Mais attention, partir en forêt dans l’espoir de cuisiner par la suite sa récolte ne s’improvise pas. Ramasser des champignons et surtout les consommer doit être fait de manière consciente et responsable : “On ne peut pas être autodidacte de la mycologie, à un moment donné ça va mal se passer”, nous explique le mycologue Jean-Baptiste Cokelaer, que nous avons interrogé sur le sujet. “Le hasard fait souvent mal les choses. On a plus de 2 000 intoxications par an en France. Peu sont mortelles, mais il y en a tout de même quelques-unes.”
Pour la cueillette, impossible de se fier à la couleur d’un champignon, à l’aspect ou de se dire qu’il est comestible juste parce qu’un animal l’a grignoté. Il n’y a pas de signe évident pour savoir s'il est comestible ou non. Alors, pour ne prendre aucun risque, l’expert nous a fait part de ses connaissances ainsi que les réflexes à avoir. On vous les dévoile dans cet article.
“Chaque champignon comestible a son sosie toxique”
Avant de se lancer en cueillette, il faut savoir où se rendre. “On ne peut pas cueillir n'importe où, il faut avoir une autorisation. Si c’est privé, il faut faire attention.” Il est important de savoir d'où vient le champignon car il y a des risques, “on ne peut pas faire n’importe quoi”. Quand on fait une cueillette, il faut avoir en tête : aucune obligation de résultat. Il ne faut pas partir avec la pression en se disant : je vais absolument remplir mon panier. C’est une balade avant tout. “On redécouvre le patrimoine naturel sauvage.”
Concernant la cueillette, il est important de faire vérifier ensuite les champignons que l’on a ramassés, car “chaque champignon comestible a son sosie toxique”. C’est le cas, par exemple, de la morille avec la gyromitre. C’est pour cette raison que l’on ne peut pas reconnaître les espèces seul : “le doute doit être permanent. C’est important pour éviter les complications.”
“On a tendance à penser aujourd’hui que le portable va tout résoudre”
Pour être sûr de ne pas se tromper concernant les champignons, il est impératif d’aller voir un pharmacien ou de se rapprocher d'une association locale. Pour cela, Jean-Baptiste Cokelaer conseille de se rendre sur le site de la Société Mycologique de France – Mycofrance – pour avoir toutes les adresses en y adhérant à moindre coût. “L’avantage, c’est qu’il y a des personnes qui vont vous transmettre de bons conseils. C’est important de privilégier le contact humain et non l’IA. Ce n'est pas l’intelligence artificielle qui va vous aider à identifier un champignon sur le terrain, ce n’est pas l’IA qui va vous dire ce qu’il faut faire. On a tendance à penser aujourd’hui que le portable va tout résoudre. C’est faux.”
En effet, d’après le mycologue, l’IA est utilisée uniquement par les experts pour approfondir leurs connaissances, mais “on ne peut pas commencer avec le téléphone, c’est interdit. C’est à proscrire et c’est voué à l’échec à 200%”.