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Vous en avez certainement entendu parler ces dernières semaines. Notre alimentation est fortement contaminée par le cadmium, un métal lourd présent naturellement dans les sols, mais aussi dans les engrais phosphatés largement utilisés en France. Face à ce nouveau scandale sanitaire, plusieurs voix se sont élevées, à commencer par les scientifiques. Leur mobilisation n’aura pas été vaine car l’Assemblée Nationale vient d’adopter un texte qui va réduire les taux maximum autorisés dans les engrais. On vous en dit plus.
Les Français surexposés au cadmium
L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) avait sonné l’alarme il y a déjà plusieurs années. Nous sommes particulièrement touchés en France, par la contamination au cadmium. Près de la moitié de la population française présenterait des expositions au cadmium dépassant les valeurs sanitaires de référence.
Voilà qui a de quoi faire frémir, lorsque l’on sait que l’exposition prolongée à ce métal lourd est délétère pour l’organisme : il peut entraîner de l’ostéoporose mais aussi des atteintes rénales et des risques de cancer.
Cette contamination est essentiellement due aux engrais phosphatés utilisés en France. Résultat, le blé, les pommes de terre, les abats ou encore le riz notamment, contiennent des taux particulièrement élevés de cadmium. Ainsi, la baguette, le pain de mie, les céréales que nous consommons en grande quantité contribuent largement à notre contamination.
L’Anses recommande de baisser les limites maximales autorisées de cadmium dans les engrais phosphatés à 20 mg par kilo, alors qu’elle est aujourd’hui de 90 mg/kg … contre 60 mg/kg en Europe !
Que dit le texte ?
Le texte, largement adopté par les députés (avec 144 voix contre 22), prévoit de réduire les taux autorisés de cadmium dans les engrais phosphatés. Il a été voté contre l’avis du gouvernement, qui défendait une baisse moins rapide, en pointant du doigt un risque pour la compétitivité de l'agriculture française. L’exécutif envisage ainsi de baisser les taux de cadmium autorisés à 60 mg/kg en 2027 et 20 mg/kg d’ici 2038, quand la proposition de loi prévoit une baisse plus rapide (40 mg/kg dès 2027, puis à 20 mg/kg à partir de 2030). Mais elle a été soutenue par la gauche ainsi que par le Modem, Renaissance et Horizons.
Selon le député écologiste Benoît Biteau, à l’initiative de cette proposition de loi, ce texte a été rapidement voté en grande partie grâce à la mobilisation des scientifiques et des militants des ONG, qui ont alerté l’opinion publique.
Une première victoire, qui reste à confirmer au Sénat où le texte va maintenant être débattu.