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Vous faites attention à votre apport en glucides ou protéines le matin, mais qu’en est-il des métaux lourds ? Après le mercure dans les poissons, c’est au tour à la contamination au cadmium d’être dénoncé dans notre alimentation. Beaucoup d’aliments de notre petit déjeuner sont d’ailleurs concernés par cette contamination. Découvrez comment les remplacer, et surtout, la stratégie à adopter pour protéger au maximium votre santé sans sacrifier votre plaisir.
Pourquoi le cadmium est-il si problématique ?
Sur le plan physiologique, le cadmium est un toxique cumulatif. Il possède une demi-vie biologique très longue chez l'homme (10 à 30 ans), s'accumulant principalement dans le foie et, de manière critique, dans les reins. Une exposition chronique, même à de faibles doses, peut entraîner une dysfonction rénale. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a par ailleurs classé le cadmium comme cancérogène pour l'homme (Groupe 1). La surveillance de l'exposition via le premier repas de la journée, souvent standardisé et riche en céréales, est donc à ne pas négliger.
Quels sont les aliments du petit déjeuner les plus problématiques ?
Les données scientifiques de surveillance, notamment celles de l'Anses, désignent les produits céréaliers comme les principaux vecteurs de cadmium dans notre alimentation. En tête de liste figure le blé, dont la consommation élevée sous forme de baguette, de pain de mie industriel ou de viennoiseries majore l'exposition quotidienne. Les céréales de petit-déjeuner ultra-transformées, souvent basées sur le blé ou le riz (qui concentre également ce métal lourd), sont particulièrement à surveiller en raison des procédés industriels qui concentrent le contaminant dans un produit à faible densité nutritionnelle. Enfin, le cacao possède une prédisposition naturelle à bioaccumuler le cadmium du sol, ce qui rend les poudres de chocolat pures et certaines pâtes à tartiner riches en cacao des sources non négligeables à intégrer avec modération dans une stratégie de réduction des risques.
Bien diversifier son petit déjeuner pour éviter le surdosage
La stratégie la plus efficace pour réduire le risque est d’adopter une bonne diversification alimentaire, permettant de diluer l'ingestion de contaminants spécifiques et de maximiser les atouts santé de chaque aliment.
Il est recommandé de réduire les produits dérivés du blé en alternant avec d’autres céréales. Les flocons d'avoine (en porridge), les flocons ou farines de sarrasin, de seigle ou de châtaigne sont de bonnes alternatives. Le choix de la panification influence également l'exposition : privilégiez le pain de seigle complet, le pain au sarrasin pur ou le pain au levain naturel. Le processus de fermentation longue au levain améliore par ailleurs la biodisponibilité de nutriments concurrents comme le fer, le zinc et le calcium, dont un statut déficitaire majore l'absorption intestinale du cadmium.
Intégrez aussi une source de protéine comme l’œuf, les produits laitiers nature (yaourt demi-écrémé, fromage blanc, Skyr) pour les apports en calcium, de fruits frais (particulièrement les agrumes et fruits à noyau qui présentent généralement des niveaux de cadmium plus faibles) apporte des vitamines C et des antioxydants précieux. Et pour les plus motivés, basculé même pour un petit déjeuner salé à base de légumineuses comme du houmous (pois chiches) ou des tartinades de fèves par exemple.