De France Inter à Top Chef, le critique culinaire François-Régis Gaudry est aujourd’hui une référence dans le milieu de la cuisine française. Le chef Cyril Lignac nous confiait même - lors du tournage de l'émission “Ma recette est la Meilleure de France - le surnommé “WikiGaudry”. Auteur de plusieurs livres de recettes à succès, la cuisine et lui, c’est presque un tout.
Justement, le magazine Society a décidé de consacrer son nouveau numéro à ce pionnier de la gastronomie à travers plusieurs pages d'interview. Si on aurait pu vous parler du zaatar ou de sa déception face à la pizza napolitaine, une anecdote a particulièrement retenu notre attention. Lors de cet entretien, François-Régis Gaudry évoque le jour où il a perdu le goût et l’odorat. Une situation bien gênante pour un critique gastronomique. On vous en dit plus.
"J'ai perdu le goût et l'odorat"
Quel est le comble pour un critique culinaire ? Perdre le goût et l’odorat, sans aucun doute. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé au critique culinaire François Régis Gaudry lors du Covid-19. Pas de chance, le timing était mauvais puisqu’il devait assurer un tournage quelques jours après : “J'ai eu le Covid et j'ai perdu le goût et l'odorat à une semaine du tournage de mon premier Top Chef” explique t-il à nos confrères.
En effet, c’est en se rendant à un restaurant que le critique culinaire réalise qu’il ne sent rien : “C'était ouf ! Je pars en reportage à Rome. Je me fais tester, négatif. J'arrive dans un restaurant qu'on m'avait conseillé, dans le quartier Trastevere, où une cheffe me prépare des carbonara. Je suis en cuisine en train de prendre du son, j'ai la tête qui chauffe un peu, mais je me dis Je suis au-dessus des fourneaux depuis 20 minutes, c'est normal. Je commence à avoir des courbatures. Et puis je goûte les carbonara, et je ne sens rien”.
“Je pouvais deviner qu'elle était bonne”
Impossible pour lui de le dire à la cheffe à ce moment-là : “J'ai fait semblant : 'Elle est excellente'”.
Heureusement, grâce à son expérience, le critique arrivait à percevoir grâce à ses autres sens que le plat était bon : “Je pouvais deviner qu'elle était bonne, tu repères la texture de la sauce, émulsion à base d'œuf, le côté grillotté des lardons, tu connais très bien le comportement de la pâte al dente” affirme-t-il.
Il faut dire que François Régis Gaudry est un acharné du travail. Perfectionniste ? Peut-être bien un peu : “La peur de l’échec m'accompagne tout le temps. À la radio, pareil. Pour préparer une émission, putain, qu’est-ce que je bosse !”.
Ainsi, même privé de ses sens, François-Régis Gaudry prouve que le goût, c’est aussi une affaire de mémoire, d’intuition et surtout de passion.