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Pourquoi les plats tout prêts ont-ils mauvaise réputation ?

Entre deux réunions, le micro-ondes se met à chauffer. 2 minutes 30 plus tard, un ding retentit : le bœuf bourguignon de ce midi est prêt. On n’a jamais vu plus rapide comme cuisson d’un mijoté, n’est-ce pas ? Vous revenez à table avec votre plat, histoire de vous requinquer après cette matinée éreintante. Mais, à peine installé, vos collègues vous charrient et ironisent sur le fait que vous mangiez de la grande cuisine. Il faut dire que les plats tout prêts n'ont pas vraiment bonne presse. Zoom sur ces plats vite faits, mais pas toujours bien faits. 


 

C'est vrai qu'il y a plein d’additifs dans les plats préparés ?

Colorants, conservateurs, édulcorants, exhausteurs de goût et autres additifs : la liste d’ingrédients des plats préparés a la réputation d’être (très) longue. Pourtant, ce n’est pas toujours le cas.

 

Ce n’est pas parce que c’est industriel que c’est forcément mauvais. Aujourd’hui les consommateurs prennent peu à peu conscience de ce qu’ils mangent et recherchent des plats avec moins d’additifs. Les marques tentent de répondre à cette demande” raconte le Dr Laurent Chevallier, médecin nutritionniste et auteur de nombreux livres.

 

Mais, comme le rappelle le nutritionniste, il ne faut pas mettre tous les plats dans le même panier. "Il y a des efforts faits par certains industriels concernant leurs pratiques, même si cela reste encore très hétérogène.” 

 

Comment savoir ce qu'il y a dans mon plat préparé ?

Moi, à ta place, j’en mangerais pas. C’est bourré d’additifs E machin” dit l’un. “J’ai même vu qu’il y avait des perturbateurs endocriniens et puis franchement, on ne sait pas trop ce qu’ils mettent dedans pour que ça se garde si longtemps” renchérit un autre. Les conversations à table vont bon train autour de votre bœuf en sauce. Mais qu’en est-il réellement ? 

 

Ne vous faites pas avoir par l'emballage : ce n'est pas parce que la mention des morilles ou de la vanille bourbon est écrite en caractères XXL qu'il y en a trois fois plus, loin de là. De même pour la photo : non, vos coquillettes au jambon n'ont probablement pas été cuisinées avec cette marmite, ce petit torchon aux motifs vichy ni avec cette cuillère en bois. Pour choisir le meilleur plat, il faut savoir lire les étiquettes. Plus la liste d'ingrédients est courte, meilleur sera le produit. C’est simple, non ? Rappelez-vous aussi que le premier ingrédient est celui qui est le plus présent dans le plat. Si le sucre et les épaississants sont notés avant la viande ou le vin rouge, il y a un problème dans votre bœuf bourguignon. “Dans le cas d’un plat de viande comme un bœuf bourguignon, on se pose plutôt la question de l’origine et de la qualité de la viande” ajoute le Dr Chevallier. Autorisez-vous donc à perdre une petite minute pour lire l’étiquette. 

 

D'ailleurs, en parlant d'étiquettes, elles ont la réputation d'être peu lisibles, cachées à l’arrière et avec une liste d’ingrédients écrite en petits caractères. Mais qu'en est-il dans les faits ? Il existe depuis quelques années le Nutri-score, un logo simple qui permet de voir en un coup d’oeil la qualité nutritionnelle d’un produit. Certes, toutes les marques ne l’ont pas apposé, mais c’est déjà un début pour voir ce que vaut votre plat comparé aux produits similaires du rayon. 

 

Le bio : une (fausse) bonne idée ?

Ayez à l’esprit qu’un plat cuisiné bio contiendra forcément moins d’additifs que son équivalent standard. En cause : la législation, qui autorise 48 additifs dans les produits bio contre 350 dans les classiques. Mais ce n’est pas tout. “Certes, dans le bio, il n’y a pas de résidus de pesticides. Mais ça ne garantit en rien qu’il n’y ait pas un transfert de plastique du contenant au contenu” alerte le Dr Laurent Chevallier. 

  

Ce n’est pas la taille qui compte

Justement, parlons-en, de ces nanoparticules. “Les industriels font cuire les aliments au bain-marie dans le plat en plastique qui sert de contenant. Ils ne doivent pas dépasser 60°C pour que le plastique et ses nanoparticules ne passent pas du contenant au contenu. Mais ça c’est en théorie, car dans les faits, rien n’empêche les industriels de chauffer à 80°C pour gagner du temps, ce qui renforce le risque d’avoir des molécules de plastique dans le plat. Or, ces nanoparticules ne sont pas indiquées sur les emballages” reproche le nutritionniste.

 

On dit souvent qu’il y a beaucoup de sel et de sucre dans ce genre de plats. Est-ce vrai ?

Les industriels utilisent le sel comme un exhausteur de goût pour relever les plats fades et pas toujours de bonne qualité. Ces plats sont aussi amers, on y ajoute donc souvent du sucre. Ce n’est pas systématique, il ne faut pas caricaturer, mais c’est assez fréquent" note le Dr Laurent Chevallier.

 

Le problème, c’est que l’Organisation Mondiale de la Santé recommande de ne pas dépasser 5g de sel par jour, tous repas confondus. Le sucre aussi ne doit pas être pris en grandes quantités. Autorisez-vous 25g par jour, du petit-déjeuner au dîner en passant par les en-cas de la journée. Pour faire le calcul, ne cherchez pas juste “sucre” sur l’étiquette. Et oui, le sucre est un petit malin qui prend plusieurs formes : saccharose, dextrose, fructose, etc.

 

Du coup, il faut que j’arrête d’en manger ?

Non, pas si c'est pour dépanner” rassure le Docteur. Si c’est la course et que ce plat tout prêt nous évite le coup de stress du dimanche soir, alors on peut se le permettre de temps en temps, sans que cela ne devienne une habitude. Mais c’est justement ça qui fait débat : en 10 ans, la consommation des plats tout prêts a augmenté de 50% selon le nutritionniste. “Au-delà de la composition, ce genre de plats est préparé en petites portions, ce qui nous pousse à grignoter dans l’après-midi.” Il vaut donc mieux manger deux plats préparés en un repas, de façon exceptionnelle, que de se ruer sur des petits gâteaux dès 15 heures. 

 

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