• Connexion
  • Inscription
Ce légume était le péché mignon de Catherine de Médicis : elle l'a popularisé en France malgré une réputation sulfureuse
Cristina LièvrePar  Cristina Lièvre  | Rédactrice

Si la gourmandise était un métier, j’aurais été embauchée en CDI depuis longtemps. Pour moi, manger n’est pas juste une nécessité, c’est une passion voire même une obsession. Dès 10h du matin, à peine arrivée au bureau, je pense déjà à mon prochain repas. Travailler dans ce milieu est une évidence. La nourriture, c’est mon péché mignon… et mon boulot.

Considéré comme un puissant aphrodisiaque, l'artichaut a provoqué bien des scandales à la Cour durant la Renaissance. Découvrez comment Catherine de Médicis en est devenue l'ambassadrice passionnée, quitte à frôler la mort par pure gourmandise.

Voir la suite de cet article plus bas
Vidéo suggérée Quels sont les produits de saison en avril ? Video 1 sur 2
Ce légume était le péché mignon de Catherine de Médicis : elle l'a popularisé en France malgré une réputation sulfureuse

@wikipédia 

Nombreuses sont les reines qui ont influencé la gastronomie. Catherine de Médicis fait justement partie de ces bienfaitrices de la cuisine française. Nous aurions pu évoquer la fourchette, les brocolis, les macarons… autant de produits que l’on attribue à cette célèbre reine mais, nous avons décidé de nous intéresser à un produit de saison, un légume vert, un aliment réputé comme aphrodisiaque qui faisait scandale à l'époque… Le pêché mignon de Catherine de Médicis : l’artichaut !  

Catherine de Médicis a-t-elle vraiment "introduit" l'artichaut en France ?

La légende raconte que c’est Catherine de Médicis qui a ramené dans ses bagages depuis Florence en 1533 l’artichaut en guise de dot pour son mariage avec le roi de France Henri II. A cette époque, l’artichaut est un produit de luxe, une denrée rare. Les historiens restent toutefois nuancés quant à cette affirmation. Certains affirment que l'artichaut était déjà connu en France, notamment dans le Sud. Catherine de Médicis aurait été plutôt sa fidèle ‘ambassadrice”, en le faisant connaître de tous. Ce légume devient un vrai symbole de luxe à la Cour Française. Elle le faisait d'ailleurs cultiver les jardins royaux notamment à Saint Maur. 

Le saviez-vous ? Le mot artichaut apparaît à la Renaissance. Il vient de l'italien “arti ciocco” qui descendrait de l’arabe ardi chawke ("épine de la terre"). En effet, cette fleur de chardon est passée d’Afrique du Nord à Florence en 1466 grâce à Filippo Strozzi. 

Une réputation "aphrodisiaque" sulfureuse

L'artichaut craint le gel et son acclimatation dans les jardins royaux autour de Paris demande un entretien tout particulier. Sa rareté et sa complexité de culture en font donc un produit extrêmement cher et très peu accessible pour les paysans et même pour certains membres de la bourgeoisie. 

Mais ce n’est pas tout, il avait une réputation qui le desservait. Considéré comme un puissant aphrodisiaque, le fait qu’une femme puisse en consommer publiquement était jugé audacieux voire scandaleux. “ À l’époque, l’artichaut est considéré comme un aliment “chaud” selon la médecine. Il stimulerait la circulation sanguine, réveillerait les sens et… attiserait les ardeurs.Il n’en fallait pas plus pour associer l’artichaut à des vertus aphrodisiaques”, peut on lire dans le média Alsa Garden.

La reine, connue pour son goût prononcé pour les plaisirs de la table, a donc contribué à lever le tabou social pesant sur sa consommation par les femmes. L’artichaut, c’est simple : Catherine de Médicis en raffole. Elle en consommait encore et encore sans penser une seule seconde à s’en priver. Un engouement tel qui ne fera qu’accentuer cette réputation sulfureuse de l’artichaut. Entre désir charnel et cœur d’artichaut, la frontière était, à l’époque, particulièrement mince. 

Son empreinte dans la gastronomie

Une passion pour l'artichaut débordante, dévorante… presque mourante ! En effet, l'écrivain Pierre de l’Estoile raconte que c’est peut-être bel et bien cette adoration pour l’artichaut qui l’aurait tuée ou du moins menée à sa perte : “La reine mère en mangea tant qu’elle faillit crever. On disait que c’était d’avoir trop mangé de fonds d’artichaut et de crêtes et de rognons de coq dont elle était fort friande”. Un régime pas très équilibré bien qu’apaisant.

Quoiqu'il en soit, si certaines informations concernant l'impact de Catherine de Médicis dans la gastronomie française sont débattues par les historiens, l'artichaut reste indéniablement le symbole de son influence culinaire.