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Les Etats-Unis et le Mexique partent en guerre pour des avocats !

Cette année, le super bowl avait un arrière-goût amer. Ou plutôt une absence de goût. Habituellement incontournable des apéros et autres plateaux tv de ce championnat, l'avocat était absent de cette édition. Sur fond de trafic d'avocats et de mainmise des cartels, zoom sur cette guerre de l'avocat qui fait rage au Mexique.

Le couperet ne pouvait pas plus mal tomber. C’est pile avant le lancement du super bowl -la finale d’un championnat de football- qui réunit chaque soir des millions de téléspectateurs et autant de bols de guacamole sur les plateaux télé, que les Etats-Unis ont stoppé l’importation d'avocats depuis le Mexique.

Pas de bol, il n'y aura pas d'avocat pour le super bowl

Les Etats-Unis suspendent l'importation d'avocats depuis le Mexique. Adobe

Il y a 4 ans, 80% de la production mexicaine d’avocat, soit 377 000 tonnes, avait été exportée vers les Etats-Unis. Là-bas, l’avocat fait un tabac. Chaque année, l’exportation d’avocat pour le super bowl rapporte 200 millions de dollars au Mexique. A la veille du super bowl 2022, ce chiffre est tombé à 0. 

 

Pour prendre une telle décision, aux conséquences économiques et diplomatiques lourdes, il faut une bonne raison. Là, en l'occurrence, il s’agit de menaces proférées à l’attention d’un fonctionnaire du ministère de l’agriculture américain apprend-on sur Franceinfo. Venu à Michoacán pour inspecter les conditions d’exportations, le fonctionnaire a reçu un coup de fil intimidant de la part d’un cartel de la drogue.

L'avocat, une culture convoitée par la mafia

Dans cet épicentre mexicain de la culture de l’avocat, 9 organisations criminelles tournent autour de cet or vert, attirés par le profit. Il faut dire que le business est juteux ; il rapporte 2,5 milliards de dollars au Mexique chaque année. Alors forcément, quand ça peut rapporter, les organisations criminelles s'y intéressent.

 

Chacun veut avoir la mainmise sur cette manne financière qui ne cesse de croître. Et pour ça, tous les moyens sont bons. Détournement des convois, menaces, enlèvement et meurtres sont au cœur du commerce d’avocat. Le Michoacan, autrefois ville peuplée de fermes, est devenue une capitale violente.

Les habitants se défendent comme ils peuvent

Les habitants s'organisent en milice pour faire face aux attaques. Adobe

Pour faire face, les producteurs lourdement armés se relaient pour monter la garde et barrer la route à la mafia. Du côté des transporteurs, l’organisation n’est pas plus légère. Ils doivent fréquemment changer d’itinéraire pour ne pas voir leur cargaison être pillée et partir sous leur nez.

 

Les habitants sont las de cette situation. A tel point qu’ils se sont organisés une milice civile pour sécuriser les routes empruntées et protéger leur récolte.

Quelles conséquences pour les producteurs ?

On ne sait pas, pour l’heure, quand prendra fin cette suspension d’importation. Ce que l’on sait, c’est que 300 000 personnes, producteurs et saisonniers, vont être directement impactés par le stand-by de ce commerce. Sur les 2 millions de tonnes récoltées chaque année au Mexique, la moitié part habituellement pour les Etats-Unis. Si les affaires entre les deux pays ne reprennent pas très vite, ce sont des milliers de travailleurs qui vont pâtir économiquement de ce conflit.

 

Ce conflit économico-diplomatique met de l’huile sur le feu pour certains qui voient déjà dans l’avocat une aberration écologique. Entre l’épuisement des nappes phréatiques, la déforestation, le mûrissage très gourmand en énergie et le transport qui produit beaucoup de CO2, on se demande s’il faut encore manger des avocats

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