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Le matcha, cette fine poudre de thé vert émeraude traditionnellement moulue sur pierre, est au cœur d'une controverse sanitaire. Une récente investigation affirme avoir détecté des résidus de composés toxiques dans l'ensemble des échantillons analysés. En raison de son mode de consommation unique — où la feuille entière est ingérée sous forme de poudre diluée et non simplement infusée —, ce produit expose potentiellement davantage l'organisme aux impuretés du sol que les thés classiques en sachet. Mais doit-on réellement s’inquiéter ?
Une contamination généralisée sous la loupe d'une ONG américaine
L'alerte provient de Lead Safe Mama, une organisation citoyenne et indépendante spécialisée dans la sécurité alimentaire, fondée par la militante Tamara Rubin. L'enquête a révélé que la totalité des neuf références de matcha testées contenaient des traces de métaux lourds tels que le plomb, le cadmium, l'arsenic ou le mercure. Plus inquiétant encore, ces substances nocives ont été détectées à des degrés divers, y compris dans des produits haut de gamme (« premium ») et certifiés biologiques.
Parmi les marques pointées du doigt dans l'étude figurent des références très en vogue outre-Atlantique, à l'instar de Kachava Superblend, Pique Organic, Encha, Jade Leaf ou encore le matcha Blueprint de l'entrepreneur Bryan Johnson.
Ce rapport met en lumière la porosité des cultures de thé vert face à la pollution environnementale. Les plants de thé absorbent en effet les métaux lourds et les pesticides présents dans l'air, l'eau d'irrigation ou les sols appauvris par l'agriculture intensive. À long terme, l'ingestion de ces éléments — que l'on retrouve aussi dans certains chocolats ou céréales — inquiète les scientifiques : ils sont suspectés d'agir comme des perturbateurs endocriniens, d'altérer les systèmes nerveux et osseux, voire d'avoir des effets cancérogènes.
Faut-il bannir le matcha ? Les raisons de garder son calme
Face à ces conclusions, les experts incitent toutefois à ne pas céder à la panique. D'abord, la simple détection d'une substance ne signifie pas que le produit est toxique : le danger dépend uniquement de la concentration de ces métaux et du dépassement des seuils de tolérance fixés par la médecine. De plus, cette étude ciblait exclusivement des lots commercialisés sur le marché américain.
En France et dans le reste de l'Union Européenne, la législation sur la sécurité alimentaire s'avère nettement plus stricte. Les autorités sanitaires effectuent des contrôles rigoureux pour s'assurer qu'aucun produit ne dépasse les limites légales en pesticides ou en métaux lourds avant sa mise en rayon.
À ce jour, consommer une à deux tasses de matcha par jour ne présente aucun danger avéré pour la santé. Pour savourer votre boisson en toute sérénité, privilégiez des marques transparentes qui publient ouvertement leurs analyses de laboratoire et qui s'approvisionnent auprès de petits producteurs engagés dans la protection de l'environnement.