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Le document était attendu depuis plus de deux ans ! Après bien des tergiversations, le gouvernement a publié, le 11 février dernier, sa stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC). Ses conclusions sont sans appel : il est fortement conseillé de limiter notre consommation de viande. On vous en donne les raisons.
Limiter la consommation de viande pour protéger sa santé et la planète
Le document officiel a été publié conjointement par les ministères de l'Agriculture, de la Transition écologique et de la Santé. Il incite fortement les Français à limiter leur consommation de viande et de charcuterie.
Plusieurs raisons expliquent cette stratégie gouvernementale, à commencer par la volonté de protéger la santé de tous. Il est désormais admis que l’excès de viande est délétère. Les autorités prônent donc une "évolution progressive vers des régimes alimentaires conformes aux repères du PNNS" (le programme national nutrition santé), et préconisent "une augmentation de la consommation de fruits et légumes, de légumineuses, de fruits à coque et de céréales complètes, une consommation suffisante et limitée de poisson et de produits laitiers et une limitation de la consommation de viande et de charcuterie".
Autre raison invoquée, la préservation de l’environnement. On le sait, l’élevage bovin entraîne une augmentation des gaz à effets de serre, impliqués dans le dérèglement climatique. Et l’alimentation représente près de 25 % de l'empreinte carbone des Français, dont 61% sont issus des "produits d'origine animale". Il y a donc urgence !
Limiter ou réduire sa consommation ?
L’élaboration de ce texte ne s’est pas faite sans mal et sa publication a été repoussée plusieurs fois.
Dans une première version, le document prévoyait d’inciter à une réduction de la consommation de viande. Finalement, le gouvernement a reculé et a préconisé une "limitation". Tout est dans la nuance ! Cette concession a visiblement été actée sous la pression du ministère de l’Agriculture (sans nul doute pour ménager nos éleveurs français et privilégier les filières locales), alors que celui de la Transition écologique prévoyait plutôt une "réduction" de la consommation. Celle-ci vaut donc uniquement pour la viande importée.
Autre point de discorde, les produits ultra-transformés. Au départ, le texte appelait également à limiter leur consommation. Mais le document avait été retoqué à la demande du ministère de l’Agriculture, suscitant la colère des professionnels de santé.