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Pour perdre du poids, certains se tournent vers des aliments considérés comme brûleurs de graisse qui ne sont pas vraiment efficaces, d'autres tentent un régime amaigrissants. Et si on s'arrêtait quelques instants pour prendre le temps de réfléchir ?
On nous invite quotidiennement, par des injonctions directes ou des représentations omniprésentes de corps normés, à perdre nos quelques kilos en trop. Pour ressembler aux modèles mis en valeur et désignés comme l'image du corps parfait (spoiler : il n'y a pas 1, mais des corps, et la perfection est très subjective et culturelle), certains cherchent par tous les moyens à perdre du poids. Quitte à enchaîner les régimes.
Si certaines personnes suivent bel et bien un rééquilibrage alimentaire accompagné par un spécialiste, une étude de l'Anses de 2010 soulignait que "45% des femmes sans surpoids dont 15% de minces (IMC <22) avaient suivi un régime dans l'année" (Source Anses) par souci esthétique et social plus que pour une question de santé. Plus récemment, l'étude Nutrinet montrait que 27 % des hommes de poids normal disent souhaiter maigrir. Mais au-delà des questions sociologiques et culturelles que cela soulève, les régimes amaigrissants sont-ils vraiment efficaces ?
Les régimes amaigrissants, fausse bonne idée ?
L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail s'est penchée sur la question. Avant tout chose, l'Anses recommande plutôt de pratiquer une activité physique régulière accompagnée d'une alimentation équilibrée pour se maintenir en bonne santé plutôt que de suivre un régime amaigrissants.
Malgré ces recommandations, beaucoup de personnes entreprennent d'elles-mêmes de suivre un régime. C'est inquiétant, surtout lorsqu'on sait que "certains régimes présentent pourtant des risques pour la santé et entraîne une (re)prise de poids dans la quasi-totalité des cas" estime l'Anses. On a voulu en savoir plus et comprendre le pourquoi du comment.
Sans recommandation ni suivi, ces pratiques alimentaires peuvent être dangereuses pour la santé. Se priver peut entraîner des effets néfastes, comme le souligne Irène Margaritis, cheffe de l'unité d'évaluation de risques liés à la nutrition de l'Anses.
"Notre travail met en évidence des effets néfastes, notamment pour les os, le cœur et les reins, ainsi que des perturbations psychologiques, notamment des troubles sévères du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, ….)" alerte-elle.
Fibrose, risques cardiovasculaire, déficit de certains nutriments, perte de densité osseuse et donc fragilités osseuses, ralentissement de la croissance, dépression, troubles digestifs : la liste des possibles effets néfastes des régimes alimentaires est longue. Et à quoi bon ?
Plus on fait de régimes, plus on prend du poids ?
A quoi bon suivre un régime par soi-même, sans avis, ni diagnostic ni suivi médical ? Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 5 ans après un régime, 95% des personnes reprennent du poids. Au bout d'1 an seulement, déjà 80% des personnes ont repris du poids.
Pourtant, on a l'impression que ça marche. Mais l'illusion est de courte durée. Si l'on perd assez rapidement du poids lors d'un régime amaigrissant, c'est parce qu'on tape d'abord dans le glycogène hépatique et musculaire, autrement dit les réserves facilement accessibles. On pèse moins. En réalité, on élimine 9g d'eau pour 1g de glycogène. Et ce n'est pas fini.
Comme on a déjà puisé dans les réserves facilement accessibles, le corps se protège pour qu'on ne touche pas au reste. Autrement dit, il met en place des stratagèmes pour dépenser moins de calories puisque ses réserves sont affaiblies. Il utilise alors moins d'énergie au repos. A cela s'ajoute les muscles perdus (on perd environ 75% de masse graisseuse pour 25% de masse musculaire). Moins de muscles, c'est moins d'énergie consommée au repos, et moins de calories dépensées.
Ne vous mettez pas en danger
Si la perte de poids ne se justifie pas médicalement, suivre un régime amaigrissant peut devenir un vrai risque pour votre santé.
Le meilleur moyen de ne pas prendre ou reprendre du poids est d'adapter nos apports caloriques à nos besoins et d'être à l'écoute de notre corps. Si l'on n'a pas faim, inutile de se forcer. A cela s'ajoute le besoin d'une activité physique régulière et la nécessité de limiter la sédentarité.
D'autre part, bien dormir et ne pas être stressé peuvent aider à ne pas prendre de poids. Il arrive en effet que l'on mange plus lorsque l'on est stressé.
Combien de temps pour perdre du poids de manière saine et durable en s'alimentant mieux ?
Pour perdre 5 à 10 kilos de manière pérenne grâce à un rééquilibrage alimentaire, la patience est véritablement votre meilleure alliée. Le consensus médical et les nutritionnistes recommandent vivement de viser une perte de poids progressive, estimée entre 0,5 et 1 kilo par semaine, ce qui représente environ 2 à 4 kilos par mois.
À ce rythme, il faut compter entre un mois et demi et trois mois pour perdre 5 kilos, et de trois à six mois pour vous délester de 10 kilos. Cette précaution n'est pas arbitraire : perdre du poids trop rapidement (plus d'un kilo par semaine) entraîne souvent une perte de masse musculaire et d'eau au lieu de la masse graisseuse. Surtout, une restriction calorique trop brutale pousse le corps à activer ses mécanismes de survie, ralentissant le métabolisme et stockant la moindre calorie dès la reprise d'une alimentation normale. C'est ce qui provoque le redouté "effet yo-yo".
En prenant votre temps, vous laissez à votre corps l'opportunité de s'adapter en douceur et vous ancrez de nouvelles habitudes alimentaires sans générer de frustration intenable.
Pourquoi je ne perds pas ou plus de poids malgré mes efforts alimentaires ?
Atteindre un palier où le poids ne baisse plus malgré une rigueur alimentaire est une étape physiologique normale et extrêmement courante. La principale cause est l'adaptation métabolique : en perdant du poids, votre corps devient plus léger et nécessite logiquement moins d'énergie (calories) pour fonctionner au quotidien. Si vous maintenez les mêmes portions qu'au début de votre rééquilibrage, votre apport calorique finit par correspondre exactement à votre nouvelle dépense énergétique, ce qui arrête la perte de poids.
D'autres facteurs invisibles peuvent également brouiller les pistes. Le stress chronique ou le manque de sommeil font grimper le taux de cortisol, une hormone qui favorise la rétention d'eau et le stockage des graisses, particulièrement au niveau abdominal. De plus, si vous avez repris le sport, il est tout à fait possible que vous construisiez de la masse musculaire tout en continuant à vous affiner ; la balance ne bouge pas, mais votre silhouette change.
Enfin, il faut parfois traquer les "calories cachées" : une cuillère d'huile supplémentaire, quelques noix saines mais très caloriques, ou des week-ends un peu trop relâchés peuvent suffire à annuler le déficit calorique créé en semaine.