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Quand le mercure dépasse les 35 °C, un réflexe revient chez beaucoup de Français : se précipiter sur des boissons glacées, des glaces ou des plats tout juste sortis du réfrigérateur. L'idée paraît logique. Après tout, quoi de plus agréable qu'une salade bien froide ou un grand verre rempli de glaçons lorsque l'air devient étouffant ? Pourtant, selon plusieurs études scientifiques relayées par Modes & Travaux, cette habitude n'est pas forcément la plus bénéfique pour notre organisme. En période de canicule, le corps humain travaille déjà intensément pour maintenir sa température autour de 37 °C. Pour y parvenir, il augmente notamment la circulation sanguine vers la peau et active la transpiration afin d'évacuer l'excès de chaleur. Un mécanisme complexe qui mobilise une quantité importante d'énergie. Dans ce contexte, les chercheurs expliquent qu'il vaut mieux éviter les extrêmes. Ni les plats brûlants, ni les aliments glacés ne seraient réellement adaptés aux fortes chaleurs. Les spécialistes recommandent plutôt de privilégier des repas servis entre 20 et 35 °C, autrement dit tièdes ou simplement à température ambiante.
Pourquoi ne faut-il pas manger froid quand les températures augmentent ?
Pourquoi ce choix ? Tout simplement parce que la digestion produit naturellement de la chaleur. Ce phénomène, connu sous le nom de thermogenèse alimentaire, oblige l'organisme à dépenser de l'énergie supplémentaire pour assimiler les aliments. Plus le repas est copieux, riche en protéines ou en matières grasses, plus cette production de chaleur interne augmente. Une analyse publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition a d'ailleurs montré qu'un repas très riche en protéines pouvait faire grimper la température corporelle de 0,5 à 1 °C. Une hausse loin d'être idéale lorsque le thermomètre affiche déjà des valeurs record à l'extérieur. Mais alors, pourquoi les aliments très froids ne sont-ils pas non plus recommandés ? Les chercheurs soulignent que le corps doit réchauffer tout ce que nous ingérons afin de le porter à sa température interne. Cette adaptation demande un effort supplémentaire à l'organisme, déjà fortement sollicité par la chaleur ambiante.
Que faut-il manger en cas de canicule ?
Résultat : certaines personnes peuvent ressentir après un repas glacé des ballonnements, une sensation de lourdeur ou encore une digestion plus difficile. Un inconfort qui peut être particulièrement marqué chez les personnes sensibles. Les experts conseillent ainsi de miser sur des plats simples et faciles à digérer. Des légumes légèrement refroidis après cuisson, accompagnés de féculents en quantité raisonnable et d'une source de protéines servie à température ambiante constituent souvent une option intéressante. Les boissons sont elles aussi concernées. Si boire un verre d'eau glacée procure un soulagement immédiat, cette sensation ne dure généralement pas longtemps. Les médecins recommandent plutôt de consommer des boissons fraîches, idéalement entre 12 et 18 °C, tout au long de la journée. À l'inverse, certaines études, notamment publiées dans le Journal of Applied Physiology, ont montré qu'une boisson chaude pouvait stimuler davantage la transpiration. Toutefois, ce mécanisme n'est réellement efficace que si la sueur peut ensuite s'évaporer correctement, ce qui n'est pas toujours le cas en cas d'humidité importante.