Installez-vous confortablement dans notre machine à remonter le temps, direction l’année 2016. C’était l’époque bénie où l’on risquait sa vie au milieu de la rue pour chasser des Roucool sur Pokémon Go. À la radio, Adele nous harcelait gentiment avec son éternel et mélancolique « Hello... it's me », tandis qu'on s'ambiançait tout l'été sur le Can't Stop the Feeling de Justin Timberlake.
Une époque où une autre révolution, culinaire celle-ci, se jouait sur nos smartphones. Il y a dix ans, on ne mangeait pas : on photographiait. Instagram devenait le guide Michelin du cool, et pour percer sur le feed, il fallait manger des trucs parfois bizarres. Dix ans plus tard, l’heure du bilan a sonné.
La “Goth Food” (le charbon actif partout)
En 2016, c'était la hype absolue. Les pains à burger, les glaces, les lattes... tout devenait noir corbeau grâce au charbon végétal actif. On se donnait tous un côté dark et détox. Bilan 10 ans plus tard ? C'est un giga flop. Non seulement ça rendait les dents dégueulasses, mais on a fini par capter que ça annulait l'effet de certains médicaments (comme la pilule contraceptive). Aujourd'hui, un burger noir, ça fait juste penser à un pain cramé oublié dans le four.
La Rainbow Food & le Unicorn Cake
Bagels arc-en-ciel, frappuccinos licorne, gâteaux aux sept couleurs blindés de colorants artificiels... Si ton goûter ne ressemblait pas à un vomi de Petit Poney, tu n'existais pas. Aujourd'hui, c’est le cringe total. La tendance a changé, on est davantage sur du naturel, ou alors au trompe-l'œil hyper réaliste (merci Cédric Grolet). Le colorant bleu fluo dans la bouffe, c'est définitivement cancelled.
Le délire des insectes à l'apéro
En 2016, votre collègue disait : "C'est la protéine du futur, mec !". Tout le monde ramenait sa petite boîte de criquets au paprika ou de vers de farine pour faire le malin en soirée. Le futur a visiblement pris du retard. Finalement, la transition écologique est passée par les steaks végétaux et la fausse viande, pas par la team Koh-Lanta.
Le Poke Bowl, la révélation hawaïenne
La masterclass de l'année. Du poisson cru, de la mangue, de l'edamame, le tout dans un bol hyper photogénique. C'était le nouveau plat healthy ultime. Aujourd'hui, le poke bowl a tellement gagné la guerre qu'il est devenu le jambon-beurre de l'employé de bureau. On en trouve à chaque coin de rue, souvent très américanisés, mais c'est devenu un classique indéboulonnable de la pause déj.
L'Açaï Bowl & les superaliments
Impossible d'ouvrir Insta en 2016 sans tomber sur une meuf en yoga pant à Bali avec son bol de purée violette surmonté de rondelles de bananes alignées au millimètre. Le curcuma (Golden Latte) et les baies de goji étaient nos nouveaux gods. Dix ans plus tard, les superaliments font carrément partie de notre routine healthy, mais la hype du bol violet est un peu retombée. Aujourd'hui, on préfère les aliments riches en collagène ou les boissons adaptogènes. L'açaï bowl est resté, mais il a pris sa retraite tranquille sur les cartes des brunchs du dimanche.
L'avocado toast
À cette époque, tu ne pouvais pas sortir le dimanche sans lâcher 15 euros pour une belle tranche de pain au levain tartinée d'avocat écrasé, avec un œuf poché coulant et trois graines de courge. C'était l'ultime symbole de réussite sociale et la garantie de faire pleuvoir les likes. En 2026, l’avocat a un peu moins la côte. Entre les documentaires sur l'empreinte carbone désastreuse, les litres d'eau nécessaires à sa culture et les histoires de cartels, il est un peu plus controversé, mais il est toujours à la carte des cafés.
Les Freakshakes
Le concept venait d'Australie : on prenait un gros mason jar rempli de milkshake, et on empilait par-dessus un donut, une part de brownie, une brochette de marshmallows, un demi-litre de chantilly, le tout dégoulinant de caramel. C'était le truc qu'on prenait plus en photo qu'on ne le mangeait réellement. Aujourd’hui, il faudrait lancer un avis de recherche pour en trouver un !