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Chouchoutez votre microbiote grâce à votre alimentation

Vous ne le savez peut-être pas, mais vous accueillez, bien au chaud dans votre intestin, 2 kilos de bactéries et autres micro-organismes qui régissent bien des choses pour votre santé. C’est ce que l’on appelle le microbiote. A quoi sert-il et pourquoi notre alimentation joue un rôle important pour le maintenir en bonne santé ? C’est ce que l’on va voir ensemble. 

Une alimentation variée est importante pour un microbiote en bonne santé. Adobestock

10 000 000 000 000 : c’est le nombre de petits êtres vivants que notre intestin abrite. En échange de leur offrir le gîte, ces champignons, virus, parasites et bactéries régulent notre digestion et participent à l’immunité de notre organisme. Mais c'est donnant-donnant : si on arrête d’en héberger, on provoque un déséquilibre et d'éventuels troubles digestifs, neurologiques, métaboliques ou immunitaires. 

 

Le microbiote interagit avec les autres organes de notre corps. Il participe au développement et à la maturation de notre système immunitaire; il joue un rôle de barrière à la colonisation par les micro-organismes pathogènes,  . Mais il a d’autres rôles essentiels : il participe aussi à la synthèse et la dégradation des aliments pour nous aider à digérer et, très important, il produit certaines vitamines” explique Claire Cherbuy, ingénieure de recherche à l’institut Micalis de l’Inrae. 

 

On vit avec elles depuis quand ?

S’il se constitue dès notre naissance, le microbiote évolue toutefois au cours de la vie, particulièrement jusqu’à nos 3 ans et lorsque l’on vieillit. L'hygiène de vie, notre environnement, notre alimentation ou certains traitements médicaux sont autant de facteurs qui peuvent modifier ce petit monde intestinal.

 

Mais du coup, puisqu’il a beaucoup de tâches à accomplir, il faut en prendre soin. Et c’est là que le contenu de notre assiette a de l’importance. 

 

“Notre job ? Manger pour vous faire digérer”

Notre microbiote aide à la digestion. Adobestock

Quand on mange, la majeure partie des aliments sont digérés en haut de l’intestin. Mais pour certains d'entre eux, on n’a pas forcément toutes les enzymes nécessaires pour les digérer, en particulier les fibres alimentaires qui sont des sucres complexes et qui du coup vont descendent jusqu’au côlon sans être digérés” décrit l'ingénieure de recherche.

 

Et là, levée de rideau, les bactéries du microbiote entrent en scène. Elles se nourrissent majoritairement de fibres, alors dès que vous leur en apportez, elles se font un malin plaisir à les décomposer en petits morceaux et à les digérer. C’est gagnant-gagnant : pour elles, c'est un festin, et pour nous, ça nous évite d'être ballonné. 

 

Au travail, chacun de vous a une mission particulière pour que l'entreprise tourne bien. Mais si 2 de vos collègues sont absents, vous ne pourrez pas faire leurs tâches à leur place et toute l'organisation et l'efficacité de l'entreprise seront déséquilibrées. Comme le décrit l’Inrae sur son site internet, “chaque espèce [de bactéries], avec ses enzymes propres, a son rôle et sa place. Chacune découpe les fibres en morceaux de plus en plus petits. Lorsque notre régime alimentaire réduit l’apport en fibres, c’est cette chaîne et cette diversité bactérienne qui en pâtissent.”

 

Dis-moi ce que tu manges, je te dirai l’état de santé de ton microbiote

Les fibres sont essentielles à la santé du microbiote intestinal. Adobestock

Si vous mettez du sans plomb dans une voiture qui roule au gazole, elle va beaucoup moins bien fonctionner. Pour le microbiote intestinal, c’est pareil. Il a besoin de fibres pour exercer ses fonctions pleinement et celles-ci sont importantes pour la santé. C’est pourquoi il est crucial de consommer des fruits et des légumes chaque jour, mais aussi des céréales ou des légumineuses dans lesquels on retrouve des fibres. 

 

Un régime trop gras, trop sucré, trop salé ou riche en produits ultra-transformés n’est pas recommandé parce qu'on les digère très vite ; rien n’arrive jusqu’aux bactéries du microbiote qui du coup ne peuvent pas se nourrir” développe Claire Cherbuy. Il faut consommer des fruits, des légumes, des légumineuses et des céréales pour ne pas affamer les bactéries et diminuer les pouvoirs protecteurs du microbiote intestinal. 

 

Pensez aussi aux probiotiques (yaourts, kéfir, etc.) qui rééquilibrent le microbiote en réintégrant de bonnes bactéries et aux prébiotiques (ail, artichaut, poireaux, etc.)qui appliquent la loi du premier arrivé, premier servi. Toute la place que les bactéries du microbiote prennent, c’est autant d'espace en moins pour les bactéries pathogènes qui pourraient s’y développer. Comme ça, elles ont moins de place pour s'installer et vous avez moins de risque d'être malade.

 

Ce qu'il faut retenir de tout ça, c'est qu'une alimentation diversifiée est l'assurance d'un microbiote intestinal en bonne santé. Pour vous assurer des repas équilibrés, inspirez-vous par exemple de notre menu de la semaine avec la liste de courses envoyé par mail chaque week-end

 

Un grand merci à l'Inrae et à Mme Claire Cherbuy pour leur disponibilité. 

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