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Pendant longtemps, le mot “palace” semblait réservé à un cercle presque intouchable d’adresses d’exception. Pourtant, dans quelques jours, trois hôtels parmi les plus prestigieux de France vont voir leur statut basculer. À l’heure où le ministère du Tourisme doit dévoiler, le 2 juin 2026, la nouvelle liste officielle des établissements distingués, plusieurs noms emblématiques s’apprêtent à quitter cette catégorie ultra exclusive (31 palaces en France) pour revenir à un classement plus classique de cinq étoiles. Une décision lourde de conséquences, tant l’image du luxe absolu reste un argument déterminant dans l’univers de l’hôtellerie haut de gamme. Le premier choc est venu du Pays basque. Dès la fin du mois de mars, les salariés de l’Hôtel du Palais, à Biarritz, ont été informés que l’établissement ne conserverait plus le label “Palace”.
Une annonce symbolique pour ce lieu mythique, longtemps considéré comme la seule adresse de ce standing installée sur la façade atlantique française. Plusieurs contrôles menés par la commission d’attribution auraient mis en lumière des éléments jugés insuffisants pour continuer à répondre aux standards exigés. Certaines infrastructures, notamment le spa ou encore la salle dédiée au petit-déjeuner, n’auraient plus été jugées au niveau attendu. Cette rétrogradation surprend d’autant plus que l’hôtel avait bénéficié d’une transformation majeure entre 2018 et 2021, avec près de 80 millions d’euros investis. Mais tout n’avait pas été remis à neuf. Certaines chambres de l’aile nord n’auraient pas été entièrement rénovées et le spa serait resté en dehors du chantier principal. Un détail qui pèse lourd lorsqu’il s’agit d’obtenir ou conserver une distinction fondée autant sur le raffinement global que sur l’expérience client irréprochable.
À Paris, deux palaces vont être rétrogradés
À Paris, deux autres adresses historiques seraient également concernées : le Park Hyatt Paris-Vendôme, situé rue de la Paix, ainsi que le Mandarin Oriental, installé rue Saint-Honoré. Selon plusieurs acteurs du secteur interrogés par Le Parisien, ces établissements devraient eux aussi perdre leur distinction pour revenir à un classement de cinq étoiles. Une situation rarissime dans la capitale, où les hôtels estampillés Palace constituent une vitrine du luxe français à l’international. Au Mandarin Oriental, cette décision semblait toutefois avoir été anticipée. L’établissement a déjà annoncé un vaste programme de rénovation visant à transformer en profondeur son offre. Chambres, suites, espaces communs, spa et restauration doivent être entièrement repensés sous la direction de l’architecte londonienne Tara Bernerd. Le groupe explique vouloir renforcer encore davantage “l’esprit de Paris” tout en modernisant l’expérience proposée à sa clientèle. Trois nouveaux concepts culinaires devraient notamment voir le jour, avec un restaurant gastronomique, une brasserie parisienne et un nouveau bar.
Ces critères pris en compte pour être qualifié de "palace"
Si ces déclassements font autant parler, c’est aussi parce que le label Palace reste une singularité française. Créée en 2010 afin de distinguer les hôtels cinq étoiles les plus exceptionnels, cette reconnaissance ne repose pas uniquement sur des équipements luxueux. La qualité du service, le prestige du lieu, son histoire, sa capacité à offrir une expérience unique ou encore l’excellence du personnel sont scrutés à la loupe. Depuis 2024, cette distinction est d’ailleurs réévaluée tous les trois ans, renforçant encore le niveau d’exigence. Pour ces établissements, perdre ce statut représente donc bien plus qu’un simple changement administratif. Derrière ce déclassement se joue une bataille d’image, de clientèle et parfois même de réputation internationale.