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Hommage aux femmes pionnières du monde culinaire

@Thinkstock

8 mars, Journée Internationale de la Femme… C’est pour nous à 750g, l’occasion de nous intéresser à ces femmes qui ont été des pionnières en réussissant à s’imposer dans ce monde fermé longtemps réservé aux hommes. Leur tâche n’a pas toujours été facile, mais c’était sans compter sur leur implacable volonté et leur envie de dépoussiérer cet univers masculin en apportant leur fraîcheur et ce petit plus féminin irremplaçable.

Si la liste n’est pas exhaustive, celles dont nous vous parlons aujourd’hui, ont à nos yeux, fortement participé à l’évolution de l’univers culinaire depuis plusieurs décennies.

- La Mère Poulard (Anette Poulard) a bâti une renommée à partir d’une simple omelette au Mont Saint-Michel dans les premières années du XXème siècle. L’époque est alors difficile marquée par des grèves et des problèmes d’approvisionnement. Aussi pour rassasier les clients de passage souvent affamés, elle se dit que le plus simple est de casser quelques œufs et d’en faire une omelette. Le bouche à oreille et parallèlement le développement du tourisme dans ce lieu emblématique et étonnant de notre patrimoine, le tout suffit à asseoir sa notoriété dans un périmètre toujours plus large. Elle met peu à peu à l’honneur les produits régionaux que sont l’agneau de pré-salé, le Calvados. Sa renommée est aujourd’hui mondiale.

- La Mère Brazier (Eugénie Brazier) est l’image de la cuisine lyonnaise mais pas seulement et cela depuis la première partie du XXème siècle. Partie de rien, elle fait son apprentissage dans un bouchon lyonnais et s’impose peu à peu dans la région. Elle est la première femme à obtenir 3 étoiles au Michelin en 1933. Elle accueille en 1946, un jeune apprenti qui deviendra célèbre, Paul Bocuse.

- Julia Child (je l’avoue, j’adore cette femme pétillante) après avoir passé des années en France où pour tromper l’ennui, elle prend des cours de cuisine française ( après avoir découvert et dégusté la sole meunière), anime la première émission culinaire aux Etats-Unis à partir de 1961 « The french chef ». Des émissions culinaires avaient déjà été lancées en France dans les années 50 par Raymond Oliver, mais Julia Child a été la première femme. Elle assurait un véritable show autour de l’authentique bourguignon, du poulet divin ou encore de la « perfect brioche ». Et immanquablement, elle terminait par « Bon appétit » ses émissions. Elle est aussi l’auteure de plusieurs ouvrages.

- Andrée Rosier, un nom que vous ne connaissez peut-être pas. C’est pourtant la première femme à avoir été Meilleur Ouvrier de France (MOF), section cuisine en 2007. Elle est cette année-là la seule femme sur les 9 vainqueurs. Elle a depuis ouvert une petite auberge en Pays Basque qui a obtenu une étoile au guide Michelin dès la première année.

- Anne-Sophie Pic, prend le relais de son père puis de son frère, prématurément décédé, au sein du restaurant familial. Elle n’est pas vraiment préparée à l’exercice de cet établissement alors 3 étoiles auquel le Guide retire alors 1 étoile. Elle choisit alors de réinventer les plats, de leur donner un vent de modernité. Elle aime travailler les légumes, les goûts et les textures et fait preuve d’une grande créativité. Cette obstination paye puisqu’en 2007, elle décroche 3 étoiles au Guide Michelin, première femme depuis la Mère Brazier (1933). Cette même année, elle est élue « Chef de l’année » par ses pairs. En 2011, elle est élue « meilleure femme chef du monde » dans le classement anglais des Wold 50 best restaurants. Elle dirige aujourd’hui avec brio plusieurs établissements.

- Coup de chapeau à la plus jeune cheffe étoilée Michelin en 2016 à 21 ans, Julia Sedefdjian dont l’avenir semble prometteur et également à Fanny Rey, seule femme étoilée en 2017. Il reste encore bien du chemin à faire si l’on considère qu’en 2016, sur 600 étoilés, on ne trouve que 17 femmes. 

- La vogue des blogs… Les blogs culinaires ont été l’occasion pour les femmes de partager leur amour de la cuisine sous tous ses aspects. Le phénomène prend de l’ampleur dès 2000 aux Etats-Unis. En 2002, Julie Powell lance son blog dans lequel elle se fixe comme objectif de tester chaque jour pendant un an, une recette du livre de Julia Child « Mastering the Art of French Cooking », un ouvrage paru au début des années 60 visant à rendre la cuisine française accessible aux femmes américaines. Le succès est tel qu’un éditeur lui propose de publier un livre relatant son expérience en 2005. Il est possible de le trouver en français sous le nom de « Julie et Julia : Sexe, blog et bœuf bourguignon », tout un programme :) Un film a également été réalisé « Julie & Julia » (vieillot mais j’adore).

En France le phénomène commence à intéresser. La première à se lancer est Clotilde Dusoulier en septembre 2003 avec Chocolate & Zucchini au départ anglophone, le blog est depuis en anglais et français. Puis en mars 2004, Pascale Weeks, que l’on connait bien à 750g puisque c’est notre rédactrice en chef. Elle crée « C’est moi qui l’ai fait » avec comme objectif de proposer des recettes fiables et accessibles. Vient ensuite Estérelle Payany qui crée en août 2004 « Esterkitchen » sur lequel elle partage des recettes familiales et des astuces.  En 2005, Anne Lataillade se lance avec « Papilles et pupilles ». Pour toutes ces pionnières du blog culinaire, le succès a été rapide. Cela répondait aux attentes, confirmées depuis, d’une cuisine accessible à tous et du plaisir du fait-maison. 750g a aussi joué son rôle dans l’essor de blogs culinaires en créant dès 2008, le Salon du Blog Culinaire, une belle occasion de partager les expériences. Depuis, beaucoup d’autres blogueuses (mais aussi blogueurs) leur ont emboîté le pas.

Bravo à toutes ces pionnières qui ont su faire leur place dans un univers jusque-là très masculin, avec simplicité, volonté, sans pour autant perdre leur part de féminité et toujours avec du talent et un soupçon de magie.

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