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L'ONG Foodwatch tire la sonnette d'alarme sur la présence de pesticides interdits dans de nombreux aliments du quotidien

Le paprika de vos barbecues, le riz de vos dîners ou votre thé vert du matin contiennent-ils des substances toxiques ? Une enquête choc de l'ONG Foodwatch révèle la présence massive de pesticides interdits en Europe dans des produits phares de nos supermarchés. Deux références célèbres dépassent même les seuils légaux.

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L'ONG Foodwatch tire la sonnette d'alarme sur la présence de pesticides interdits dans de nombreux aliments du quotidien

Adobe Stock 

C’est un automatisme rassurant : penser que les produits vendus dans nos grandes surfaces respectent des normes sanitaires strictes. Pourtant, une étude publiée ce 19 mai par l’ONG Foodwatch vient briser cette certitude. En analysant 64 denrées alimentaires dans quatre pays, l'organisation a mis en lumière un constat alarmant : 80 % des produits testés en France contiennent des résidus de pesticides pourtant interdits sur le sol européen. Thés, épices, riz... Des produits du quotidien se retrouvent aujourd'hui sur la sellette, relançant le débat sur la sécurité des importations.

Des marques célèbres dans le viseur de l'ONG

L'enquête démontre que la situation est particulièrement préoccupante en France, où 12 des 15 produits testés abritent ces substances illicites. Les produits qui cumulent le plus de résidus différents sont les thés et les épices (9 échantillons sur 10 concernés). Parmi les marques citées par Foodwatch, on retrouve des géants des rayons comme Lipton, Twinings, Carrefour, Monoprix, Albert Ménès ou encore Intermarché.

Le cas le plus flagrant est celui du paprika doux moulu de la marque Bouton d’Or (14 résidus dont 5 interdits) et surtout celui de la marque Ducros, qui cumule le triste record de 18 résidus de pesticides différents dans un seul flacon, dont 6 interdits en Europe.

Deux produits phares hors-la-loi : l'ONG exige un rappel immédiat

Si la Commission européenne tolère de micro-traces pour les produits importés, deux aliments vendus en France dépassent de loin les Limites Maximales de Résidus (LMR) autorisées. L'ONG exige leur retrait immédiat des rayons :

  • Le paprika doux moulu Ducros (lot 601912350) : Il contient du chlorfénapyr (un insecticide interdit) à un taux neuf fois supérieur à la limite, ainsi que du flonicamide, à une teneur six fois supérieure au seuil maximal.
  • Le riz Thaï de la marque Taureau Ailé (lot 0506251BN-B) : Les analyses ont révélé la présence d'anthraquinone, un répulsif contre les oiseaux, à des niveaux près de trois fois supérieurs à la limite légale.

Le scandale de « l'effet boomerang »

Comment ces substances se retrouvent-elles dans nos assiettes ? C'est ce que les spécialistes appellent l'effet boomerang. Des entreprises basées en Europe fabriquent des pesticides interdits sur notre continent, puis les exportent vers des pays hors-UE aux réglementations moins strictes (comme l'Asie ou l'Amérique du Sud). Ces produits chimiques sont utilisés sur les cultures locales, puis nous reviennent directement via les aliments importés.

Bien qu'Ursula von der Leyen, présidente de la Commission Européenne, se soit engagée en 2020 à stopper ce « commerce toxique », une enquête de l’ONG Public Eye révèle que les exportations de ces pesticides interdits ont en réalité progressé de 50 % entre 2018 et 2024.

Quels sont les risques pour notre santé ?

La présence de ces molécules pose de graves questions de santé publique, en particulier à cause de l'exposition répétée. Comme le rappelle Jean-Marc Bonmatin, chimiste et toxicologue au CNRS d'Orléans à France Info : « Nous, les chercheurs, nous nous sommes rendus compte que ce sont les intoxications chroniques à petite dose, c'est-à-dire ce que vous mangez tous les jours pendant des mois et des années, qui produisent les problèmes de santé les plus graves. »

Dans son rapport, l'ONG Foodwatch rappelle la dangerosité inhérente de ces composants : « Ce ne sont pas des substances anodines. Ce sont, par définition, des produits chimiques conçus pour tuer des organismes vivants. Cette toxicité intrinsèque représente souvent un danger pour la santé humaine, animale ou végétale. »

De nombreuses enquêtes épidémiologiques lient désormais ces expositions à long terme à des risques accrus de cancers, de troubles neurologiques ou au dérèglement de notre système hormonal en tant que perturbateurs endocriniens. En attendant des mesures politiques ou des rappels officiels, la vigilance est de mise lors de vos prochains achats en rayon.

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