Adobe Stock
C’est un constat que nous faisons tous chaque été (et même un peu avant maintenant) : lorsque la canicule s’installe, l'envie de passer à table diminue drastiquement. On pourrait penser qu'il s'agit d'une simple flemme estivale, mais c'est en réalité une réponse biologique ultra-précise de notre organisme. Pour se protéger de la surchauffe, notre corps met en place une véritable stratégie de crise où la digestion passe au second plan.
La thermogenèse : quand digérer fait grimper le thermomètre
Le site Allô Docteurs met en lumière les mécanismes physiologiques fascinants qui se jouent dans notre corps. La première explication est thermique. Notre organisme passe ses journées à essayer de maintenir une température corporelle stable, idéalement autour de 37°C. Or, le simple fait de manger, de digérer et de métaboliser les nutriments produit de la chaleur interne : c’est ce que l’on appelle la thermogenèse alimentaire.
En période de fortes chaleurs, pour éviter de rajouter de l'huile sur le feu et de faire grimper notre température intérieure, le corps a un réflexe très simple : il coupe l’appétit afin de limiter cette production de chaleur additionnelle.
Une affaire de circulation sanguine et de priorités
Le deuxième phénomène concerne la gestion de notre sang. Quand il fait chaud, l'organisme doit évacuer la chaleur interne. Pour y parvenir, il redirige une grande partie du sang vers la peau afin de favoriser l'évacuation calorique par la transpiration.
Le problème ? Une digestion classique (surtout si le repas est copieux) demande elle aussi un afflux sanguin très important au niveau du tube digestif. Le corps doit donc faire un choix : se refroidir ou digérer.
C’est l'hypothalamus, une petite zone logée au cœur de notre cerveau, qui gère ces priorités. Il régule en permanence trois leviers essentiels : La faim, la soif et la température corporelle.
En cas de canicule, l'hypothalamus choisit de prioriser le refroidissement et l'hydratation au détriment de l'alimentation.
Que faut-il manger quand le thermomètre s'affole ?
Puisque le corps refuse les repas lourds, il faut l'écouter et privilégier des aliments riches en eau et faciles à assimiler pour ne pas fatiguer le système digestif :
- Les fruits et légumes gorgés d'eau : Pastèque, melon, concombre, tomates, courgettes et fraises sont vos meilleurs alliés.
- Des protéines légères : Des poissons blancs, du poulet froid ou des œufs durs, qui demandent moins d'efforts de digestion qu'une viande rouge riche en graisses.
- Des modes de cuisson doux : Privilégiez le cru, les cuissons à la vapeur ou les soupes froides (gaspachos) pour éviter de réchauffer l'atmosphère de votre cuisine.
Faut-il boire plus ?
Oui, absolument. Comme le cerveau priorise l'hydratation et que nous perdons énormément d'eau via la transpiration, le signal de la soif devient prédominant.
- Le volume recommandé : En temps normal, il est conseillé de boire environ 1,5 litre d'eau par jour. En période de forte chaleur ou de canicule, il faut monter la jauge et viser entre 2 et 2,5 litres d'eau par jour, à adapter selon votre activité physique.
- L'astuce en plus : Évitez l'eau glacée ! Si elle donne une sensation immédiate de fraîcheur, elle oblige le corps à dépenser de l'énergie (et donc à produire de la chaleur) pour la mettre à température interne. Privilégiez l'eau à température ambiante ou des infusions tièdes.