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Vous ne devinerez jamais par quoi pourrait être remplacée la viande

A l'heure où les publications scientifiques alarmantes concernant les changements environnementaux se multiplient, des chercheurs ont peut-être trouvé la solution : cultiver des protéines issues de microbes pour diminuer notre consommation de viande de bœuf et d'agneau. Zoom sur cette étude parue dans Nature.

D’après un candidat de Top Chef aux propos quelque peu sexistes, tout ce qui est petit est mignon. Et tout ce qui est microscopique est moins polluant ? C’est en tout cas ce que suggère une nouvelle étude parue le 4 mai 2022 dans la revue Nature.

L'agriculture bovine, l'une des plus polluantes

L'élevage bovin questionné. Adobestock

Un steak de bœuf de 100g représente 1 500 litres d’eau (selon la méthode Waterfootprint) et 1,3 kilo eq-CO2. 

 

L’élevage de bovins est parmi les cultures les plus polluantes. En cause ? L'émission de méthane due aux rots des ruminants, la déforestation pour produire leur alimentation -qui réduit le nombre d'arbres capables d'absorber du co2- et la consommation élevée d'eau que tout cela représente. Pas étonnant donc que le système alimentaire mondial représente ⅓ des émissions de gaz à effet de serre.

 

D'un côté, il faudrait manger moins de viande pour protéger l'environnement. Mais de l'autre, elle apporte de nombreux nutriments importants pour notre organisme. Fort de ce constat, des chercheurs se sont penchés sur des solutions pour l’avenir. A l’heure où le dernier rapport du Giec alerte sur l’état environnemental de notre planète, ces scientifiques suggèrent une alternative plus durable : manger des microbes. 

Une solution se profile grâce... aux microbes

Remplacer 20% de la consommation de bœuf et d’agneau (les deux viandes les plus polluantes) par des protéines microbiennes diviserait par 2 les émissions de co2 et la déforestation agricole d’ici 2050.

 

« Les projections [...] montrent que le remplacement de 20 % de la consommation de viande de ruminants par habitant par des protéines microbiennes à l'échelle mondiale d'ici 2050 [...] compense les augmentations futures de la superficie mondiale des pâturages, réduisant de moitié environ la déforestation annuelle et les émissions de CO2 associées, tout en réduisant également les émissions de méthane » apprend-on dans l'étude.

Concrètement, comment ça se passe ?

Viande artificielle de culture. Adobestock

Produits dans des cuves en acier inoxydable, ces microbes sont nourris avec du glucose afin qu'ils produisent protéines et acides aminés essentiels. En termes de valeurs nutritionnelles, ce steak du futur aurait tout bon. Mais quid de la texture ? Grâce aux protéines ainsi fabriquées, la texture serait similaire à un steak de boeuf. Pour le goût, on ne peut rien affirmer, mais on imagine que ça n'a rien à voir avec une entrecôte.

 

Tout n'est pas tout rose pour autant. Pour produire le glucose qui servirait à l’alimentation de ces microbes, il faudrait des cultures de canne à sucre et de betterave sucrière. Des cultures qui, pour pousser, consomment de l'eau. Mais, d’après les propos de la chercheuse Finlandaise Hanna Tuomisto repris dans Geo, la superficie des terres cultivées et la quantité d'eau exploitée seraient nettement moins importantes que pour l’élevage bovin.

 

Pour l’instant, il ne s’agit que d’études. Mais, sur le marché, d’autres substituts à la viande sont déjà disponibles, à commencer par les steaks de soja et autres steaks végétaux riches en légumineuses. Regardez bien la composition de vos steaks végétaux, qui ne sont pas toujours healthy. Pour vous aider à manger moins de viande, voici 20 recettes pour tous les jours. L'idée n'est pas de devenir végétarien du jour au lendemain, mais de manger de la viande de meilleure qualité en en consommant moins souvent.

 

Sources : Nature, Geo.

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