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Faire de la confiture, c’est un art… Et il commence bien avant la cuisson, dès le choix des fruits. Et il faut dire qu’il existe des rumeurs ou des fausses informations au sujet de la confection des confitures. Longtemps, on a cru qu’il suffisait de récupérer les fruits abîmés pour les transformer en délicieux pots à tartiner. Après tout, “c’est pour la confiture”, disaient nos grands-mères. Sauf qu’en réalité, cette idée reçue ne tient pas face aux exigences d’un produit de qualité. Pour Stéphan Perrotte, champion du monde de confiture, c’est une évidence : “Il faut avoir un fruit de très bonne qualité”, confiait-il à 750g. Et cela exclut les cagettes de “fruits à confitures” souvent proposées à bas prix sur les marchés. Ce spécialiste met ainsi un terme au mythe du fruit fatigué miraculeusement sauvé par le sucre : “Il faut sortir de l'idée qu’avaient nos grands-mères de récupérer les fruits en fin de marché pour faire une bonne confiture.”
Quels fruits doit-on utiliser pour faire de la confiture ?
L’exemple qu’il donne est parlant : “Imaginez des fraises cueillies le matin à 5/6h, qui vont passer toute la matinée au soleil à 30°C, pendant 8/10h… En termes aromatiques, ça va être compliqué…”. Et de conclure avec la formule célèbre de Paul Bocuse : “On peut faire du bon qu’avec du très bon”. Pourquoi un fruit abîmé est-il problématique ? Parce qu’il a déjà entamé son processus de dégradation. Les arômes se dissipent, les sucres fermentent, et les textures changent. La cuisson n’est pas un sortilège capable de ressusciter un parfum perdu. Pire encore, les défauts initiaux, manque de goût, acidité déséquilibrée, saveur “cuite”, peuvent être amplifiés par la chaleur. Cela ne veut pas dire qu’un fruit légèrement meurtri ou un peu trop mûr doit finir à la poubelle. On peut l’utiliser, mais en le triant soigneusement, en retirant toutes les parties altérées et en l’associant à des fruits plus frais pour équilibrer le résultat. Ce qui compte, c’est que la matière première ait encore du caractère et du parfum. Les fruits fermes résistent mieux à la cuisson et conservent davantage leurs qualités organoleptiques, parfait pour les confitures maison.
Certaines variétés de fruits sont à privilégier pour les confitures
Les professionnels recommandent aussi d’adapter le fruit à la recette : certaines variétés se prêtent mieux à la confiture que d’autres, et les fruits surgelés peuvent être une bonne alternative lorsqu’ils sont cueillis à maturité puis congelés rapidement. Comme le rappelle Stéphan Perrotte, “il faut un fruit qui raconte quelque chose dès qu’on le goûte cru, sinon, même avec le meilleur sucre et la meilleure technique, le résultat ne sera pas à la hauteur”. En résumé, oui, on peut techniquement utiliser des fruits abîmés pour faire de la confiture, mais le résultat sera rarement exceptionnel. Si l’on veut un produit qui fasse briller les papilles, il faut miser sur des fruits frais, parfumés et choisis avec soin.