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Une pénurie peut en cacher une autre : le lait viendra-t-il à manquer ?

Les Français subissent de plein fouet l'inflation depuis quelques semaines. Beaucoup d'aliments du quotidien - du beurre aux pâtes en passant par les boissons et les glaces- ont vu leur prix augmenter au premier semestre 2022. Les coûts des matières premières, de l'énergie et du transport entrent en jeu. Les risques de pénurie, qui augmentent la demande et diminuent l'offre, sont aussi en cause. La pénurie risque bientôt de s'étendre au lait et produits laitiers. On vous explique pourquoi. 

Bientôt une pénurie de lait ? Adobestock

Quand on fait la vaisselle, on a l'impression que la pile d'assiettes sales n'en finit plus. On se prendrait presque pour Sysyphe, mais notre pierre à nous, ce sont ces fichues assiettes. Quand il n'y en a plus, il y en a encore. On se plaint quand ça ne s'arrête jamais, mais on se plaint aussi du contraire. Car, à l'inverse de cette profusion de vaisselle sale dans notre évier, d'autres choses ont une fin. Le lait par exemple.

 

S'il n'y en a plus, et bien il n'y en a plus. Basta. On pourrait se dire qu'il n'y a qu'à descendre à la supérette la plus proche pour nous dépanner s'il nous manque quelques centilitres pour faire notre meilleure recette de crêpes, mais la pénurie de lait pourrait s'étendre au-delà de notre seule cuisine. 

 

 

L'herbe est trop sèche pour nourrir les vaches

Les sols sont secs et ne permettent pas de nourrir le bétail. Adobe

Après la pénurie d'huile d'olive, de moutarde et de houmous, c'est au tour du lait de venir à manquer. Honnêtement, on a l'impression de jouer à un jeu de 7 familles ces derniers jours. Dans la famille pénurie, on voudrait donc le lait de vache. Bonne pioche ? C'est ce que l'on va voir ensemble. 

 

Dans un article de FranceInfo, on apprend que les syndicats agricoles craignent une pénurie de lait dans les mois à venir, à cause de la sécheresse estivale. Avec les vagues de chaleur et les épisodes caniculaires que nous avons vécu ces derniers temps, le sol est sec ; l'herbe aussi. L'alerte sécheresse réglemente drastiquement l'arrosage des prairies et cultures, ce qui ne facilite pas la situation des agriculteurs et éleveurs. Et ça pose deux problèmes majeurs. 

 

D'une part, les vaches n'ont plus de quoi se nourrir : "Depuis le 15 mai, on est comme si on était en plein hiver" se désole François Mantel, éleveur, dans l'article de FranceInfo. Les éleveurs doivent donc taper dans les réserves hivernales. Si les stocks s'amenuisent dès août, ils n'auront plus assez de maïs et fourrage pour nourrir le bétail durant les mois les plus froids de l'année, quand les vaches ne peuvent plus sortir s'alimenter dehors. Il faudra donc en racheter.

 

L'alimentation du bétail est un vrai budget, l'inflation n'aidant pas. Tout a augmenté et certains éleveurs manquent de moyens pour renouveler les stocks de nourriture. Seule solution pour racheter du fourrage ? Vendre des vaches. Or, moins de vaches = moins de lait. 

La chaleur affaiblit les vaches

Les vaches produisent moins à cause de la chaleur. Adobestock

Avec ces fortes chaleurs, vous n'avez pas la force de faire un marathon sous 40°C, pas vrai ? Et bien, c'est la même situation pour les vaches. La chaleur les pousse à rester couchées, sans bouger. Ce manque d'activité a un impact sur leur production de lait

 

A tel point que le président de la commission économique de la FNSEA (fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) estime que "dans les six prochains mois, il manquera de lait au niveau des industries laitières en France" d'après les propos cités chez Franceinfo.

Quelles conséquences pour le consommateur ?

Le prix du lait pourrait augmenter. Adobestock

Cela pose un problème économique plus qu'évident pour les producteurs, mais également pour les consommateurs qui subissent déjà des hausses des prix dans tous les sens.

 

Même les glaces coûtent plus cher de presque 5% cette année. Or, c'est un produit phare de l'été que les consommateurs ne veulent pas forcément se passer. Même son de cloche du côté des bières Heineken, dont le prix a augmenté au premier semestre 2022. Si les glaces et les bières ne sont pas des produits de base du quotidien, le lait, si.

 

Qu'il soit versé avant ou après les céréales, il fait partie intégrante de la pâtisserie et du petit déjeuner de beaucoup d'enfants (mais pas que, même si beaucoup n'osent pas en boire à l'âge adulte en pensant que le lait est dangereux pour la santé passé un certain âge). Si vous ne réussissez pas à vous en passer au quotidien, attendez-vous à payer votre brique de lait plus cher à la rentrée ou dans les mois à venir.

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