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Attention à la recrudescence des fausses mozzarella

Sur notre liste de courses, on a tous nos indispensables qui reviennent chaque semaine. Pour certains, c'est de la lessive ou des barres de céréales. Pour d'autres, c'est de la mozzarella. Ce fromage italien à pâte filée est tellement prisé que certains y ont vu une occasion de se faire de l'argent en commercialisant de la fausse mozza, vendue à prix d'or. La contrefaçon de mozza, ça existe et vous pourriez peut-être en être les victimes ! 

Une fausse mozzarella du Bufala Campana mise à la vente. Adobestock

Ce n’est pas parce que la saison des salades de tomates-mozzarella est finie qu’on va arrêter d’acheter la boule de fromage filée la plus célèbre du monde pour autant. Chaque saison a sa recette mythique à base de mozzarella. Quand bien même on ne saurait pas quoi faire avec, impossible pour autant de faire l’impasse dessus au moment des courses. Qui ne s’est jamais dit, la célèbre boule de fromage à la main, “je la prends au cas où, ça servira toujours” ? 

 

Le constat est clair : les Français ne peuvent pas se passer de mozzarella. Avec une croissance annuelle de 5%, ses ventes ont dépassé celles du camembert durant le premier semestre 2021 (33 170 tonnes de mozzarella contre 29 230 tonnes de camembert vendues entre janvier et septembre 2021, d’après les chiffres cités dans LeFigaro). 

 

Si on l’aime, c’est pour son goût très subtil qui se marie à tout. Elle fond parfaitement sur la pizza aux 4 fromages du mardi soir comme elle se cuisine à merveille dans un gratin de gnocchis le jeudi. Dans des plats de pâtes, dans des salades ou dans des croques, la mozzarella est de toutes les sorties. C’est pour son usage quasi universel que ses ventes ont connu un bond de +62,8% en avril 2020 (chiffres Le Progrès). Bref, la mozza, c’est un must-have. Et certains ont bien senti qu’il y avait un filon à creuser pour se faire de l’argent dessus… 

Vrai logo mais fausse compo : quand la mozza se met au faux

On connaissait la contrefaçon de sacs à main et vêtements de luxe. Maintenant, même la mozzarella se met au faux. Vraie appellation, vrai logo, fausse composition : pour pouvoir afficher fièrement l'appellation AOP mozzarella di Bufala Campana, le fromage doit être préparée avec du lait de bufflonne. Et c'est justement ce petit détail qui fait toute la différence de goût. Alors quand un producteur décide de couper le lait de bufflone avec du lait de vache, le consortium pour la protection de la Mozzarella di Bufala Campana voit rouge.

 

L'escroc arrêté cette semaine n’en était pas à son coup d’essai, d’après le journal italien Dissapore. Cela faisait plusieurs mois qu'il commercialisait sa mozzarella de contrefaçon dans différents points de vente en Lombardie (la région de Milan) et en Campanie ( la région de Naples).

 

Les agents de surveillance du Consortium, avec l’aide des policiers italiens, ont saisi 50 kilos de fausse Mozzarella di Bufala Campana de ce producteur. Ce n’est pas la première fois que les autorités italiennes sont confrontées à un tel commerce. L’été dernier, les agents du consortium avaient déjà saisi 200 kg de fausse mozzarella issue de la contrefaçon entre juillet et août.

En France aussi, les contrefaçons sont légion

En France, les ventes de produits contrefaits ne sont pas rares non plus. L'appellation d'Origine Protégée fait vendre, alors pourquoi se priver ? Certains producteurs usurpent (sans toujours le savoir) l'image du label décerné à 46 fromages français, le plus souvent en mentionnant un lieu de production pourtant protégé et réglementé ou en faisant référence à un produit connu et labellisé. Le plus souvent, c'est sur les marchés et dans les foires et autres salons que l'on peut se faire arnaquer et acheter des faux fromages AOP. Pour lutter contre ces fraudes, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes effectue des milliers contrôles chaque année. En 2017, la DGCCRF a contrôlé 8 346 établissements. Parmi les fraudes les plus fréquentes, on retrouve des problèmes d'indication d'origine dans plus d'1 cas sur 4 (28,5%) et des problèmes d'étiquetages (34,5%).

 

Qu'est-ce que risque le consommateur qui se fait avoir ? Pénalement, rien du tout ; il est la première victime de cette supercherie, avec les vrais producteurs d'AOP. Mais derrière, c'est toute l'image de l'Appellation d'Origine Protégée qui en prend un coup. Car ce logo n'est pas seulement un argument de vente diablement efficace ; il garantit aux consommateurs un savoir-faire et une qualité qui respecte à la lettre un cahier des charges strict. Ca vaut le coup d'acheter des fromages AOP... à condition d'en choisir des vrais.

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